Affaire Epstein : le prince Andrew en garde à vue pour soupçons d'abus de fonction

Garde à vue ce jeudi matin. L’ex prince Andrew, le frère du roi Charles III, se retrouve au centre d’une enquête pénale qui dépasse largement les accusations d’ordre sexuel qui avaient déjà brisé sa carrière — soupçonné cette fois d’avoir livré des documents gouvernementaux confidentiels à Jeffrey Epstein.

La police de Thames Valley a procédé à l’interpellation à l’aube, au domicile du Norfolk. Des perquisitions simultanées ont été lancées dans deux adresses en Angleterre. Le motif retenu : abus de fonction publique, pour des faits supposément commis entre 2001 et 2011, période durant laquelle l’ancien prince Andrew occupait le poste d’émissaire du Royaume-Uni pour le Commerce international. Ce n’est plus l’affaire Epstein telle que le grand public la connaît.

Selon des révélations publiées la semaine dernière, Andrew aurait transmis à Epstein des informations financières sensibles relevant de ses fonctions officielles. Selon le Financial Times, Andrew aurait été impliqué dans des échanges autour d’un projet de transaction “pétrole contre liquidités” estimé à 8 milliards de dollars, dans lequel Jeffrey Epstein apparaissait parmi les interlocuteurs. Aucune preuve ne confirme toutefois que cet accord ait été conclu. Pour l’ancien parlementaire Norman Baker, livrer de telles informations à un ressortissant étranger relèverait purement et simplement « de la trahison ».

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Une chute construite sur quinze ans de déni

Rien de tout cela ne surgit du néant. Depuis le milieu des années 1990, Andrew fréquentait Epstein. Une proximité maintenue bien après la première condamnation du financier américain en 2008 — choix qui, à l’époque, déconcerte jusqu’au sein de l’entourage royal. Novembre 2019. Convaincu de pouvoir retourner l’opinion, Andrew accorde une interview à la BBC. Résultat inverse : ses explications, jugées absurdes, provoquent un tollé immédiat. Il suspend ses fonctions royales dans les jours qui suivent.

La machine judiciaire s’emballe ensuite. Virginia Giuffre, l’une des victimes d’Epstein, l’accuse nommément d’agressions sexuelles. Plutôt qu’affronter un procès, Andrew signe en 2022 un règlement financier à l’amiable — sans reconnaissance de culpabilité, mais le signal envoyé dévaste ce qui restait de sa réputation.

En octobre dernier, la famille royale tranche : il perd l’ensemble de ses titres. Contraint également de quitter Royal Lodge, sa résidence dans le Windsor Great Park, sous pression directe de l’institution.

Des documents confidentiels au cœur de la procédure

Placé en garde à vue, Andrew n’a pas encore comparu selon nos recoupements d’informations. C’est depuis Downing Street que la réponse politique est tombée, sèche et immédiate. Interrogé ce matin, le Premier ministre Keir Starmer a tranché en quatre mots : « Nobody is above the law » (traduction en français : Personne n’est au-dessus des lois ndlr), rapporte CBS News qui cite BBC News. Adressée à un ancien membre de la famille royale en garde à vue, la formule ne laisse aucune ambiguïté sur la position du gouvernement. Aucune inculpation formelle n’a été annoncée à l’heure où ces lignes sont publiées.

4 réflexions au sujet de “Affaire Epstein : le prince Andrew en garde à vue pour soupçons d'abus de fonction”

  1. « Keir Starmer a tranché en quatre mots : « Nobody is above the law » »

    Après Jack Lang en France, Starmer fait sauter un mega-gros fusible.
    Ca va occuper la presse anglaise avide de ce genre de trucs puants.

    Ca n’empêchera pas Micron et Starmer de sauter …

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    • « Ca n’empêchera pas Micron et Starmer de sauter »
      Espérons-le, ils ont déjà fait trop de dégâts.
      Trump a encore quelques boules puantes sous le coude. Ca devrait le faire

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  2. Ah non! quand même !!Pas question de le mettre en prison, en plus il est le frère du ROI!
    NON NON NO NO on va protester par des marches ce week-end à Londres et autres grandes villes!

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