Face à la progression des menaces sécuritaires sur le continent, plusieurs États africains ont engagé une modernisation accélérée de leurs forces armées. Terrorisme, insécurité régionale, prolifération des drones et nouvelles formes de conflictualité poussent les armées à renforcer leurs capacités opérationnelles, leurs équipements et leurs industries de défense. Cette dynamique est particulièrement visible dans les pays disposant déjà d’un poids militaire important, qui cherchent à consolider leur supériorité tout en gagnant en autonomie industrielle.
L’annonce d’un accord militaire majeur entre la Turquie et l’Égypte illustre cette tendance. D’un montant global de 350 millions de dollars, le contrat vient renforcer les capacités de l’armée égyptienne, régulièrement classée comme la plus puissante d’Afrique et parmi les vingt premières au monde rapporte The Defense Watch.
Coopération militaire autour du système Tolga
Au cœur de cet accord figure l’exportation par l’entreprise publique turque MKE d’un système de défense aérienne à courte portée, baptisé Tolga, pour une valeur estimée à 130 millions de dollars. Conçu pour détecter, suivre et neutraliser des menaces aériennes variées, ce dispositif cible notamment les drones, les aéronefs volant à basse altitude et certains types de missiles récents, devenus centraux dans les conflits modernes.
Pour l’armée égyptienne, ce renforcement des capacités de défense aérienne répond à des besoins opérationnels précis, dans un environnement régional marqué par l’évolution rapide des technologies militaires. Pour Ankara, il s’agit d’une vitrine supplémentaire de son industrie de défense, de plus en plus présente sur les marchés africains.
Industrie de défense et production de munitions en Égypte
L’accord ne se limite pas à une simple vente d’équipements. Une part importante, estimée à 220 millions de dollars, est destinée à des investissements industriels sur le sol égyptien. Les projets annoncés comprennent la construction d’une usine de production de munitions d’artillerie de 155 mm, ainsi que l’installation de lignes de fabrication de munitions de calibres 7,62 mm et 12,7 mm.
Ces infrastructures visent à renforcer les capacités locales de production et à soutenir les besoins de l’armée égyptienne sur le long terme. Elles traduisent également une volonté de développer un savoir-faire industriel national dans un secteur stratégique, tout en s’appuyant sur des partenariats technologiques étrangers.
Avec cet accord, l’Égypte consolide sa position de première force militaire du continent en combinant acquisition de systèmes avancés et développement de capacités industrielles. De son côté, la Turquie confirme son rôle croissant comme fournisseur d’équipements militaires et partenaire de défense en Afrique, dans un paysage sécuritaire où la montée en puissance des armées devient un enjeu central de stabilité et de souveraineté.



