La démolition du marché Missèbo à Cotonou avait marqué un tournant pour le commerce de friperie au Bénin. L’un des principaux pôles de vente de vêtements de seconde main du pays avait disparu, laissant place à une nouvelle organisation urbaine. Les autorités béninoises avaient alors procédé à la relocalisation des commerçants dans un marché moderne construit à PK3, à Akpakpa, offrant des infrastructures plus structurées pour poursuivre les activités. Quelques jours plus tard, une situation comparable s’est produite à Abidjan, où le célèbre « marché du mercredi » de Treichville a été démoli, ravivant les débats sur la gestion des marchés populaires dans les grandes villes d’Afrique de l’Ouest.
Friperie et ordre urbain à Abidjan une opération qui choque les commerçants
À Treichville, le « marché du mercredi » occupait une place particulière dans le paysage commercial abidjanais. Réputé pour la vente de vêtements d’occasion à des prix accessibles, il attirait chaque semaine une clientèle nombreuse et constituait une source de revenus pour des centaines de petits commerçants. Sa notoriété dépassait le quartier, faisant de ce marché un repère bien connu dans la capitale économique ivoirienne.
La démolition du site est intervenue récemment sur décision des autorités. L’opération a été présentée comme un déguerpissement visant à rétablir l’ordre urbain. Des engins ont été mobilisés pour raser les installations, mettant fin aux activités sur place. Selon plusieurs témoignages, une partie de l’intervention se serait déroulée de nuit, un élément qui a contribué à amplifier les réactions sur les réseaux sociaux. Les images de stands détruits et de ballots de vêtements éparpillés ont rapidement circulé, transformant cette opération administrative en sujet largement débattu dans l’opinion publique ivoirienne.
De Cotonou à Abidjan deux approches différentes face aux marchés de friperie
Le rapprochement avec ce qui s’est produit récemment à Cotonou est inévitable. Au Bénin, la destruction du marché Missèbo avait également suscité de vives réactions, tant ce site jouait un rôle central dans le commerce de friperie et l’économie informelle.
À Cotonou, après la démolition, les autorités ont procédé à la relocalisation des marchands dans un marché moderne à PK3, spécialement aménagé pour accueillir les acteurs de la friperie. Ce nouveau site a permis une reprise encadrée des activités commerciales. Les vendeurs ont ainsi conservé un cadre légal et identifiable pour exercer leur métier.
À Abidjan, au moment de la démolition du marché du mercredi, aucune relocalisation clairement annoncée n’a été largement communiquée, selon les informations disponibles. Mais elle pourrait intervenir très bientôt. Cette absence de perspective immédiate alimente les inquiétudes des commerçants concernés, qui redoutent une perte durable de leurs moyens de subsistance. Le contraste avec l’exemple béninois nourrit les interrogations sur la manière dont les autorités ivoiriennes entendent gérer l’après-démolition.
Ces deux situations montrent que les marchés de friperie, souvent perçus comme informels, occupent en réalité une place essentielle dans la vie économique urbaine. Ils structurent des chaînes d’approvisionnement, offrent des emplois et répondent à une demande sociale forte.



