Laurent Gbagbo, président du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a pris la parole ce 26 février à Mama, son village natal situé près de Gagnoa, lors d’une rencontre publique avec des habitants et des autorités coutumières. L’ancien chef de l’État ivoirien y a dénoncé la situation économique des producteurs de cacao, affirmant que « les planteurs doivent vivre dignement de leur travail ».
La déclaration a été relayée par les canaux officiels du PPA-CI, alors que la campagne principale de commercialisation du cacao est en cours en Côte d’Ivoire.
Un prix bord-champ fixé à 2 800 FCFA le kilo
Le cacao reste la première ressource d’exportation agricole du pays. Pour la campagne 2025-2026, le gouvernement ivoirien a fixé le prix bord-champ à 2 800 FCFA par kilogramme, selon l’annonce du Conseil du Café-Cacao, l’organisme public chargé de la régulation du secteur.
Ce prix correspond au montant minimum auquel les acheteurs agréés doivent payer les fèves aux producteurs. Il est déterminé avant l’ouverture de la campagne grâce à un système de ventes anticipées d’une partie de la récolte sur le marché international.
Au niveau mondial, les cours sont établis à la tonne. En janvier 2026, la moyenne mensuelle atteignait environ 5 018 dollars la tonne, d’après les données de la Federal Reserve Bank of St. Louis (FRED), soit plus de deux millions de francs CFA la tonne selon le taux de change.
Le différentiel de revenu décent et la production nationale
Depuis 2019, la Côte d’Ivoire et le Ghana appliquent un mécanisme commun appelé différentiel de revenu décent (DRD). Cette prime de 400 dollars par tonne est ajoutée au prix de vente du cacao exporté afin d’améliorer la rémunération des producteurs, sous la supervision du Conseil du Café-Cacao côté ivoirien.
Selon les statistiques officielles de cet organisme, la Côte d’Ivoire produit en moyenne plus de deux millions de tonnes de cacao par an, soit environ 40 % de l’offre mondiale. Le secteur fait vivre directement ou indirectement plusieurs millions de personnes dans les zones rurales. Le système de prix garanti protège les cultivateurs lorsque les cours internationaux baissent, mais l’effet des hausses rapides du marché mondial n’est pas immédiatement répercuté sur le revenu agricole.
Une question récurrente dans le débat public
Lors de son intervention à Mama, Laurent Gbagbo a évoqué la situation sociale des cultivateurs et appelé à une meilleure prise en compte de leurs revenus. Le PPA-CI indique qu’il a dénoncé la pauvreté persistante de nombreux producteurs malgré le poids économique du cacao pour le pays.
Les propos interviennent alors que la commercialisation de la récolte principale se poursuit dans les zones cacaoyères du centre-ouest et du sud-ouest. Le Conseil du Café-Cacao doit annoncer un nouveau prix bord-champ à l’approche de la campagne intermédiaire prévue dans les prochains mois.
