De la France à la Chine à pied : l'odyssée folle de deux amis qui ont marché 12 850 km en 18 mois

Traverser des continents entiers sans moteur, sans ailes, sans autre carburant que sa propre volonté. Certains défis paraissent si démesurés qu’on les range spontanément dans la catégorie de l’impossible. Relier la France à la Chine à pied en fait partie. Comment imaginer qu’un être humain puisse parcourir près de 13 000 kilomètres, affronter des tempêtes de neige, des déserts brûlants et des frontières inconnues, simplement en mettant un pied devant l’autre, jour après jour, pendant un an et demi ? Et pourtant, c’est exactement ce que viennent d’accomplir deux jeunes Français, prouvant que les rêves les plus fous ne demandent parfois qu’un premier pas.

Loïc Voisot, 26 ans, consultant spécialisé dans les questions climatiques, et Benjamin Humblot, 27 ans, ancien cadre dans le secteur informatique, ont posé le pied ce samedi 7 février 2026 sur le célèbre boulevard du Bund, à Shanghai. Leur aventure, baptisée « Mode Avion », aura nécessité 518 jours de marche, la traversée de 16 pays et un total de 12 850 kilomètres parcourus à la seule force de leurs jambes, avec une moyenne quotidienne d’environ 45 kilomètres.

L’idée a germé un soir à Paris, autour d’une conversation entre deux amis d’enfance qui se connaissent depuis leurs dix ans. Tous deux originaires d’Annecy et passés par la même école puis la même université, ils partageaient une même envie d’aventure et une même conviction écologique : ne plus prendre l’avion. La Chine s’est imposée comme destination naturelle, étant l’un des points les plus lointains accessibles à pied en direction de l’est, selon eux un véritable symbole du bout du monde.

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518 jours d’épreuves à travers 16 pays

Après un an de préparation logistique et financière, ils quittent les Alpes françaises en septembre 2024, chacun portant environ 11,6 kg de matériel sur le dos. Le parcours traverse l’Europe, puis plonge dans les immensités de l’Asie centrale avant d’atteindre le territoire chinois. Les épreuves ne manquent pas : conditions hivernales extrêmes sur le plateau turc, températures dépassant les 45°C dans les étendues désertiques d’Ouzbékistan, nuits en plein air et communication improvisée dans des langues inconnues. Une portion du trajet en Russie a dû être couverte en autocar, les conditions de sécurité ne permettant pas la marche sur ce tronçon.

Le nerf de la guerre a été assuré par un financement mixte : une cagnotte participative en ligne a couvert environ la moitié des dépenses, le reste provenant de partenariats avec des entreprises de la région annécienne, selon l’AFP.

Mais ce qui a véritablement porté les deux marcheurs tout au long de ces 18 mois, c’est l’hospitalité des populations rencontrées en chemin. Des hébergements spontanés aux repas offerts, en passant par de simples sourires ou indications de direction, des milliers d’inconnus ont contribué à rendre cette traversée possible. Les deux aventuriers décrivent cette chaîne de solidarité comme le cœur même de leur expérience.

Une arrivée triomphale et un rêve de tour du monde

Leur entrée dans Shanghai a pris une dimension collective. Une cinquantaine de personnes les attendaient au départ des dix derniers kilomètres, bientôt rejointes par des journalistes, des membres de la communauté française expatriée et de nombreux habitants chinois qui suivaient leur progression sur les réseaux sociaux. Les équipes de France Télévisions en Chine ont pu documenter les dernières étapes de ce périple hors norme.

« Si tes rêves sont fous, avance simplement pas à pas : parfois tu n’y arriveras pas, mais parfois tu y arriveras », a lancé Loïc Voisot à son arrivée sur le Bund

Et l’histoire pourrait ne pas s’arrêter aux rives du Pacifique. Les deux compères envisagent déjà la suite : embarquer sur un cargo vers les États-Unis, traverser le continent américain à pied, puis reprendre la mer vers la France et marcher jusqu’à Annecy pour boucler un tour du monde intégral. Mais avant de rêver à de nouveaux horizons, la priorité immédiate reste plus prosaïque : récupérer après un an et demi de marche ininterrompue.

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