Des réseaux associés à l’ancien groupe paramilitaire russe Wagner seraient impliqués dans des actions clandestines sur le sol européen, selon des informations rapportées par le Financial Times. Des responsables du renseignement occidental évoquent l’utilisation de ces circuits pour recruter des individus capables de mener des opérations sensibles dans des pays membres de l’OTAN. Ces révélations interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre la Russie et les capitales européennes. L’enjeu central concerne la sécurité intérieure des États et la nature des stratégies hybrides mises en œuvre. Les autorités restent prudentes quant à l’attribution formelle de ces actions.
Les soupçons autour d’activités de sabotage en Europe prennent une nouvelle dimension à la lumière des informations publiées par le Financial Times. Le quotidien britannique rapporte que des responsables des services de renseignement occidentaux estiment que des réseaux issus de l’ancien groupe Wagner pourraient être mobilisés pour organiser ou faciliter des opérations clandestines. Ces activités, qui viseraient des infrastructures ou des intérêts stratégiques, s’inscriraient dans une dynamique plus large de pressions indirectes exercées dans plusieurs pays européens.
Selon ces sources, la Russie utiliserait des circuits liés à Wagner pour identifier et recruter des individus sur le territoire européen. Ces profils, souvent locaux, pourraient être sollicités pour mener des actions difficiles à attribuer directement à un État. Cette méthode permettrait de limiter les risques diplomatiques tout en entretenant un climat d’incertitude. Les informations relayées restent toutefois prudentes, reposant essentiellement sur des analyses de renseignement et non sur des décisions judiciaires systématiques dans l’ensemble des cas évoqués.
Europe, sabotage et guerre hybride : le rôle des réseaux liés à Wagner
Dans ce contexte, plusieurs pays européens ont déjà signalé des incidents considérés comme suspects, allant d’actes de sabotage à des tentatives de déstabilisation. Bien que les enquêtes soient encore en cours pour certains dossiers, les services de sécurité évoquent de plus en plus l’existence de stratégies dites hybrides. Celles-ci combinent des actions discrètes, des campagnes d’influence et des opérations indirectes, souvent difficiles à attribuer avec certitude.
L’utilisation de réseaux intermédiaires constituerait un élément clé de cette approche. En s’appuyant sur des structures non officielles ou des individus recrutés localement, il deviendrait possible de mener des actions tout en brouillant les pistes. Cette stratégie, déjà observée dans d’autres contextes, vise à éviter une confrontation directe tout en exerçant une pression continue. Les autorités européennes restent néanmoins prudentes dans leurs déclarations publiques, soulignant que l’attribution formelle de ces actes nécessite des éléments probants.
Groupe Wagner, Russie et Evgueni Prigojine : des accusations récurrentes
Le groupe Wagner est une société militaire privée russe apparue au début des années 2010 et longtemps associée à l’homme d’affaires Evgueni Prigojine. Présente sur plusieurs théâtres de conflit, notamment en Ukraine, en Syrie et dans certains pays africains, cette organisation a régulièrement fait l’objet de nombreuses accusations de violations des droits humains, d’exactions contre des civils et d’ingérences dans des affaires politiques locales. Sous la direction de Prigojine, ces accusations ont été relayées par des organisations non gouvernementales, des médias internationaux et plusieurs gouvernements occidentaux, sans toujours déboucher sur des procédures judiciaires abouties. Les autorités russes ont, à plusieurs reprises, rejeté ces accusations.
Depuis la disparition de son fondateur en 2023, le groupe Wagner a connu une restructuration progressive. Une partie de ses membres aurait été intégrée à d’autres structures ou réseaux, tandis que certains circuits informels auraient perduré. C’est dans ce cadre que des liens sont aujourd’hui évoqués entre ces anciens réseaux et des activités clandestines en Europe. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir de manière systématique une chaîne de commandement clairement identifiée.