Le ministère de la Communication du Burkina Faso a réuni patrons de médias et autorités du secteur pour coordonner une riposte à la prolifération des fausses informations et des faux comptes sur les réseaux sociaux. La rencontre vise à renforcer les capacités de détection et de traitement de la désinformation face à la crise sécuritaire qui traverse le pays.
Face aux attaques terroristes et conflits armés, les autorités burkinabè considèrent désormais la bataille informationnelle comme un enjeu stratégique majeur. Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a explicitement associé cette lutte aux deux autres fronts que le Burkina Faso affronte : la guerre contre le terrorisme et celle contre « l’impérialisme ». Cette convergence révèle la perception gouvernementale selon laquelle la manipulation de l’information s’ajoute aux menaces sécuritaires directes.
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Le Conseil supérieur de la communication (CSC) et le Ministère chargé de la Communication ont décidé d’unir leurs efforts pour combattre la désinformation. La rencontre organisée avec les patrons des médias a permis d’identifier les différentes manifestations du phénomène et d’harmoniser les stratégies de réaction. Cette mobilisation institutionnelle reconnaît que la bataille contre les fausses informations nécessite une approche coordonnée impliquant l’État et les professionnels du secteur.
Un appel à l’alignement des médias
Le ministre a exprimé aux professionnels de l’information une attente explicite d’adhésion aux objectifs gouvernementaux. Il a déclaré que « en tant que Burkinabè, votre choix doit être celui du Burkina Faso », une formulation qui place les médias face à une exigence de patriotisme actif plutôt que de simple respect des règles.
Les pratiques concrètes de coordination restent à préciser : harmonisation des critères de modération, échanges d’informations entre institutions et médias, sanctions contre les contrevenants ou campagnes publiques conjointes constituent autant de mécanismes possibles.