Nigeria : 38 morts et 27 blessés après une explosion dans la mine de Kampanin Zurak

Trente-huit mineurs morts. C’est le bilan que les autorités traditionnelles et sécuritaires ont établi après l’explosion qui a frappé, mercredi matin, le site minier de Kampanin Zurak, dans la zone de gouvernement local de Wase, État de Plateau, centre du Nigeria.

Entre 7h30 et 8h00, les ouvriers descendaient dans les puits pour leur rotation habituelle lorsque le gaz a explosé. Vingt-sept survivants ont été évacués vers des établissements de soins environnants. Aliyu Adamu Idris, chef traditionnel local faisant fonction de dirigeant de district, a confirmé le bilan auprès de plusieurs médias nigérians.

Les victimes seraient pour la plupart de jeunes hommes âgés de 20 à 35 ans. « C’est un jour sombre pour notre communauté. Nous avons perdu 38 de nos jeunes énergiques à cette tragédie, laissant de nombreuses familles en deuil », a-t-il déclaré à la presse locale. Les 27 blessés pris en charge souffrent majoritairement de détresse respiratoire sévère, selon des sources médicales.

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Des rapports préliminaires pointent une accumulation de monoxyde de carbone dans les tunnels souterrains au moment du pic d’activité. Gaz incolore, inodore, indétectable à l’œil nu, le monoxyde de carbone provoque une asphyxie rapide lorsque la ventilation des galeries s’avère insuffisante.

Une mine légale, une scène décrite comme « catastrophique »

La mine appartient légalement à Solid Unit Nigeria Limited, société nigériane enregistrée. Ce détail distingue Kampanin Zurak de la majorité des sites accidentogènes du pays, généralement des puits artisanaux non déclarés. Shafi Sambo, responsable des jeunes de Wase, a précisé à Channels TV que les mineurs extractaient du zinc pour le compte d’une société dont la propriété serait en partie étrangère — une information que les autorités n’ont pas encore pu vérifier de manière indépendante.

Sur place, les tentatives de sauvetage ont été immédiates mais insuffisantes. Des mineurs travaillant sur des puits voisins ont accouru à l’annonce de l’explosion. Ibrahim Dattijo Sani, l’un d’eux, a raconté les secours improvisés et l’impuissance face à l’ampleur du sinistre. Les forces de l’ordre, déployées par Alfred Alabo, porte-parole de la police de l’État de Plateau, ont rapidement sécurisé le périmètre pour permettre aux enquêteurs de travailler.

Un bilan officiel encore en cours de consolidation

La commissaire à l’Information de l’État de Plateau, Joyce Ramnap, a confirmé l’accident dans un communiqué relayé par The Punch, sans valider le chiffre de 38 morts. Le gouvernement fait état de « 33 personnes présentes dans le tunnel au moment de l’explosion » et précise travailler en coordination avec les agences de sécurité, les secours d’urgence et les autorités sanitaires pour stabiliser la situation.

L’État de Plateau concentre l’essentiel du passé minier du Nigeria. Sa capitale, Jos, surnommée la « ville de l’étain », symbolise un héritage industriel aujourd’hui réduit à une mosaïque de petites exploitations précaires, aux côtés de quelques sociétés légalement enregistrées. Aucune date de publication des conclusions de l’enquête n’a été communiquée par les autorités.

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