Nucléaire iranien : fin des pourparlers à Genève, les discussions se poursuivent à Vienne

Le troisième round de négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis s’est achevé jeudi 26 février à Genève, à la résidence de l’ambassadeur d’Oman, pays médiateur. Les deux délégations se séparent sans accord, mais annoncent la poursuite des discussions au niveau technique à Vienne dans les prochains jours.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui conduisait la délégation de Téhéran, a déclaré à la télévision d’État iranienne que les deux parties avaient « abordé très sérieusement les éléments d’un accord, tant dans le domaine nucléaire que dans celui des sanctions ». Le médiateur omanais Badr al-Busaidi a confirmé des « avancées significatives » à l’issue de la session, précisant que les négociateurs reprendraient contact après consultation de leurs capitales respectives.

Des demandes américaines que Téhéran n’a pas acceptées

La délégation américaine, conduite par l’émissaire spécial Steve Witkoff et le conseiller présidentiel Jared Kushner, est arrivée à Genève avec des exigences que Téhéran n’a pas acceptées. Selon le Wall Street Journal, Washington a demandé le démantèlement complet des trois principaux sites nucléaires iraniens — Fordo, Natanz et Ispahan — déjà frappés militairement en juin 2025, ainsi que la remise aux États-Unis des stocks d’uranium enrichi actuellement détenus par l’Iran. Les États-Unis exigent en outre que tout accord soit conclu sans date d’expiration. L’Iran a proposé de son côté un moratoire sur l’enrichissement et un déplacement partiel de ses capacités nucléaires, selon des informations rapportées par l’agence Keystone-ATS, des positions qui restent très éloignées des attentes américaines.

Un second désaccord porte sur le périmètre même des négociations. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a qualifié de « gros problème » le refus de Téhéran d’inclure son programme de missiles balistiques dans les discussions, l’Iran maintenant que seul le dossier nucléaire est négociable.

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Vienne, prochaine étape sous pression

Selon la télévision d’État iranienne, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a participé aux échanges à Genève en qualité d’observateur technique aux côtés du médiateur omanais, une présence notable compte tenu de l’interruption des inspections de l’AIEA sur les sites nucléaires iraniens depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025.

Les pourparlers se déroulent sous la pression d’un calendrier militaire américain. Le président Donald Trump avait fixé le 19 février un délai de dix à quinze jours pour évaluer la possibilité d’un accord, avant de décider d’éventuelles frappes contre l’Iran, pendant que les États-Unis renforcent leur dispositif militaire dans la région, avec notamment le déploiement du porte-avions USS Gerald Ford, reparti de Crète le 26 février selon le quotidien suisse Le Temps. Les discussions techniques entre les deux pays reprendront à Vienne dans moins d’une semaine, selon les déclarations de Badr al-Busaidi à l’issue de la session genevoise.

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