Le nom de Pavel Durov circule à nouveau dans plusieurs dossiers judiciaires, sur fond de rivalités technologiques et de sécurité. Moscou enclenche une procédure pénale visant le fondateur de Telegram, avec des accusations lourdes liées au terrorisme et à la guerre en Ukraine.
Durov vit à Dubaï. Il ne réside plus en Russie depuis 2014. Peu importe : ce 24 février 2026, quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, le FSB frappe par voie de presse. Rossiyskaya Gazeta, le journal officiel du Kremlin, et le tabloïd pro-gouvernemental Komsomolskaya Pravda publient simultanément les éléments d’un dossier pénal visant le fondateur de la messagerie cryptée, au titre de l’article 205.1 du Code pénal russe — complicité d’actes terroristes.
« Les actions du dirigeant de Telegram, P. Durov, font l’objet d’une enquête dans le cadre d’une affaire pénale pour crime au titre de la partie 1.1 de l’article 205.1 (soutien à des activités terroristes) du Code pénal russe« , a rapporté le journal officiel russe Rossiïskaïa Gazeta.
Enquête pénale et soupçons sécuritaires
À Moscou, l’offensive judiciaire prend forme. Les autorités russes ont ouvert une enquête visant Pavel Durov, accusé de « soutien à des activités terroristes » selon des informations relayées par la presse d’État et fondées sur des éléments du FSB. Dans les documents évoqués, Telegram est présenté comme un vecteur de menaces sécuritaires. Les services russes affirment que la plateforme aurait servi à coordonner des attaques, y compris dans le contexte du conflit en Ukraine.
Plus loin, l’accusation se durcit. Certains médias proches du pouvoir évoquent un outil utilisé par « l’OTAN et l’Ukraine », une lecture que Moscou rattache à la notion de guerre hybride.
Pression croissante et restrictions techniques
Quelques jours avant l’ouverture de cette enquête, la tension était déjà montée d’un cran. Les autorités russes ont mis en place des mesures visant à ralentir ou limiter l’accès à Telegram, accusé de ne pas respecter la législation locale.
Sur le terrain, des perturbations techniques ont été signalées. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à contraindre les utilisateurs à migrer vers des services nationaux, notamment la messagerie MAX, promue par le Kremlin.
Le rapport de force ne date pas d’hier. Déjà en 2018, la Russie avait tenté de bloquer Telegram avant de lever les restrictions deux ans plus tard, faute d’efficacité.

