Les relations entre la Russie, l’OTAN et l’Union européenne sont marquées par une forte méfiance, des accusations réciproques et une rupture du dialogue politique. Les sanctions européennes contre Moscou, le renforcement militaire de l’OTAN en Europe de l’Est et la guerre en Ukraine ont aggravé ces tensions. Depuis, les échanges diplomatiques sont limités et les positions restent profondément opposées sur les questions de sécurité et d’influence en Europe. C’est sur cette toile de fond déjà tendue que le chef de la diplomatie russe a livré une nouvelle salve de critiques visant directement les grandes structures euro-atlantiques.
La Russie critique l’Otan et l’Union européenne pour leur perte d’efficacité
Dans une interview diffusée par une chaîne associée aux BRICS, Sergueï Lavrov a jugé que plusieurs grandes institutions européennes voient leur rôle s’éroder. À ses yeux, l’Otan, l’Union européenne et l’OSCE ne répondraient plus aux missions pour lesquelles elles avaient été créées. Il leur attribue l’abandon de leurs engagements de départ et la disparition de dispositifs de coopération que Moscou considère comme fondamentaux.
Le ministre russe des Affaires étrangères affirme que les cadres de dialogue et de coordination qui existaient auparavant ont été démantelés. Il soutient que le principe de décision collective aurait cédé la place à des démarches menées par certains États ou groupes de pays, ce qui, d’après lui, fragiliserait la crédibilité de ces structures. Cette évolution serait, aux yeux de Moscou, un signe de perte d’influence et d’efficacité. L’Otan, l’UE et l’OSCE sont « en train de devenir obsolètes« , affirme le chef de la diplomatie russe
Moscou valorise un modèle alternatif aux structures occidentales
Parallèlement, il valorise une autre orientation géopolitique. Un projet lancé par Vladimir Poutine en 2024, visant à mettre en place un dispositif de sécurité couvrant l’espace eurasien et le continent dans son ensemble, est décrit comme une option différente. Sergueï Lavrov indique que cette démarche susciterait un intérêt de plus en plus marqué à l’international. Il parle de la mise en place d’un modèle fondé sur des bases distinctes de celles que promeuvent aujourd’hui les structures occidentales.
Les déclarations du chef de la diplomatie ont été faites lors d’un entretien accordé à une chaîne liée aux BRICS, un regroupement de pays que Moscou valorise régulièrement comme espace de coopération non occidental. Ce choix de plateforme souligne l’orientation diplomatique que la Russie souhaite promouvoir, en insistant sur des partenariats extérieurs aux structures euro-atlantiques.



