La guerre en Ukraine dure depuis plus de trois ans et continue de structurer les rapports diplomatiques entre Moscou, Kiev et les capitales occidentales. Malgré plusieurs tentatives de médiation, les combats se poursuivent sur le terrain, tandis que les négociations peinent à produire des avancées concrètes. Les équilibres militaires, la question des sanctions et le rôle des grandes puissances restent au cœur des discussions, alors que chaque camp cherche à imposer ses lignes rouges sans céder sur l’essentiel.
Au moment où un nouveau cycle de discussions s’est ouvert à Abou Dhabi avec l’implication des États-Unis, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a livré une analyse sans détour du rapport de forces international. Selon lui, le président russe Vladimir Poutine ne redouterait réellement qu’un seul acteur sur la scène mondiale : Donald Trump. « Poutine n’a peur que de Trump », a-t-il affirmé selon actu.orange.fr, estimant que cette réalité pèse lourdement sur la dynamique actuelle des négociations.
Pression américaine et calculs du Kremlin
Alors que les discussions diplomatiques tentent de relancer une perspective de sortie de guerre, Moscou maintient une ligne dure. Le Kremlin continue d’exiger des concessions majeures de la part de l’Ukraine, notamment un retrait de ses forces de la région orientale de Donetsk. Cette position, rappelée dès l’ouverture des échanges, alimente les doutes sur la volonté réelle de la Russie d’aboutir à un compromis.
Pour Volodymyr Zelensky, cette fermeté s’explique par la manière dont Vladimir Poutine hiérarchise ses interlocuteurs. Le président ukrainien estime que la Russie ne se sent pas véritablement sous pression face aux Européens, malgré leur engagement constant aux côtés de Kiev. « Poutine n’a pas peur des Européens », a-t-il déclaré, tout en prenant soin de remercier les pays européens pour leur aide militaire, économique et diplomatique.
À l’inverse, Zelensky attribue aux États-Unis une capacité d’influence directe sur Moscou. Selon lui, Donald Trump dispose de leviers concrets que le Kremlin ne peut ignorer. « Le président américain sait qu’il a un moyen de pression par l’économie, par les sanctions, par les armes qu’il pourrait nous transférer », a-t-il expliqué, ajoutant que Washington pouvait maintenir cette pression « à travers notre armée, sans engager directement l’armée américaine ».
Souveraineté et rôle des alliés occidentaux
Si Kiev se dit prête à soutenir des initiatives visant à mettre fin aux combats, Volodymyr Zelensky fixe une limite claire. « Il ne pourra pas y avoir de compromis sur la question de notre propre souveraineté », a-t-il insisté, rappelant que toute solution imposée au détriment de l’intégrité territoriale de l’Ukraine est exclue.
Le président ukrainien a également tenu à souligner le décalage de perception entre l’Europe et la réalité du conflit. Il décrit un continent qui a bâti un espace de stabilité et de sécurité, parfois éloigné de la brutalité de la guerre. « En Europe, la vie est cool, c’est agréable », a-t-il observé, avant d’avertir que cette sécurité pourrait être menacée si l’Ukraine venait à céder. Selon lui, « si l’Ukraine n’arrête pas Poutine, il va envahir l’Europe », une affirmation destinée à rappeler l’enjeu stratégique du conflit au-delà des frontières ukrainiennes.
Au-delà de la formule percutante sur la peur supposée de Vladimir Poutine, les déclarations de Volodymyr Zelensky traduisent une inquiétude persistante face à l’enlisement de la guerre et à l’efficacité limitée des efforts diplomatiques. Elles mettent aussi en lumière le rôle central attribué à Donald Trump dans l’équation actuelle, perçu à Kiev comme l’un des rares dirigeants capables d’exercer une pression décisive sur Moscou. Tandis que les discussions se poursuivent sans certitude de résultat, l’Ukraine maintient une ligne constante : rechercher une issue politique, sans jamais renoncer à sa souveraineté.



