L’arrivée de l’internet par satellite au Sénégal franchit une étape décisive. Entendu à l’Assemblée nationale, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a confirmé l’autorisation accordée à Starlink pour opérer sur le territoire national pendant cinq ans. Une annonce qui redessine les équilibres du secteur et relance le débat sur les conditions d’entrée du nouvel acteur.
Une licence avantageuse selon l’excécutif
Face aux députés, en réponse à une interpellation de Fodé Mané, le ministre a détaillé les contours de l’accord. La société spécialisée dans l’internet par satellite dispose désormais d’une autorisation d’exploitation valable pour une durée de cinq ans.
Parmi les éléments mis en avant figure un objectif social : un million de personnes devraient bénéficier d’un accès gratuit à internet. Les modalités précises de ce dispositif n’ont pas été détaillées publiquement lors de la séance, mais l’exécutif présente cette mesure comme un levier d’inclusion numérique, notamment pour les zones insuffisamment couvertes par les infrastructures terrestres.
Autre point avancé par le gouvernement : une économie estimée à 64 milliards de francs CFA pour l’État. Ce montant correspond, selon les explications fournies devant les parlementaires, aux gains attendus en matière d’investissements et de déploiement d’infrastructures, rendus moins coûteux grâce à l’option satellitaire.
L’exécutif défend ainsi un choix technologique présenté comme complémentaire aux réseaux existants, avec la promesse d’améliorer la connectivité sur l’ensemble du territoire.
Polémique sur le ticket d’entrée Starlink
Cette décision intervient alors que le climat reste tendu dans le secteur. Le 19 février, la Coordination des syndicats des opérateurs de télécommunications – regroupant notamment Sonatel, Yas et Expresso Sénégal – a vivement critiqué les conditions d’arrivée de Starlink.
Selon cette coordination, l’État n’aurait pas exigé de la société appartenant à l’Américain Elon Musk un ticket d’entrée équivalent à celui imposé aux opérateurs déjà présents sur le marché sénégalais. Les syndicats estiment que cette différence de traitement créerait un déséquilibre concurrentiel et parlent d’un manque à gagner pour les finances publiques.
Le gouvernement, de son côté, met en avant les retombées attendues en matière d’accès universel et d’économies budgétaires. Deux lectures s’opposent donc : l’une centrée sur l’équité entre acteurs historiques et nouvel entrant, l’autre sur l’accélération de la connectivité nationale.
Avec cette autorisation officielle, le Sénégal ouvre une nouvelle phase de son développement numérique. Les prochains mois permettront d’évaluer concrètement l’impact de cette décision sur les usagers, les opérateurs traditionnels et les finances publiques.

