Selon le rapport publié le 9 mars 2026 par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Chine et la Russie contrôlent plus d’un tiers des transferts d’armes vers l’Afrique subsaharienne. La Chine arrive en tête avec 22% des importations, fournissant des armes à 23 États de la région. La Russie suit avec 12%, distançant largement la Turquie (11%).
Cette mainmise représente bien plus qu’un simple chiffre commercial. Entre 2021 et 2025, les États subsahariens ont augmenté leurs importations d’armes de 13% comparé à la période 2016-2020, selon le SIPRI. Les trois principaux acheteurs — Nigeria (16% des importations régionales), Sénégal (8,8%) et Mali (8,0%) — reflètent des besoins militaires face à l’instabilité régionale.
Le Soudan, laboratoire des transferts opaques
Le cas du Soudan montre l’ampleur des flux non documentés. Entre 2021 et 2025, les forces armées soudanaises et les Rapid Support Forces (RSF) — deux belligérants du conflit civil — ont reçu des transferts d’armes majeures provenant d’au moins sept fournisseurs connus et inconnus. La Biélorussie, l’Iran, le Kirghizistan, la Turquie et les Émirats arabes unis ont fourni drones armés, véhicules blindés et avions de transport. Un avion de combat supplémentaire provient d’un fournisseur non identifié selon le rapport.
Le secret qui entoure ces transferts pose un défi majeur aux chercheurs. Les RSF ont ainsi reçu au moins quatre pièces d’artillerie et un système de défense aérienne en provenance de sources inconnues. Cette opacité rend impossible une compréhension complète des arsenaux présents sur le terrain et de leurs implications stratégiques.
Une ascension récente mais solidifiée
La Chine n’a émergé comme grand fournisseur d’armes à l’Afrique que depuis une dizaine d’années, mais sa trajectoire s’est accélérée. Parmi ses clients figurent des gouvernements sahéliens confrontés à des groupes armés. La Russie maintient sa position historique, notamment via des contrats anciens avec l’Algérie, l’Égypte, l’Angola et les pays du Sahel.
Selon les données du SIPRI, les deux puissances fournissent drones, véhicules blindés, systèmes d’artillerie, radars et systèmes de guerre électronique. Cette diversité reflète une stratégie d’influence : équiper les armées pour renforcer les liens diplomatiques et stratégiques, au-delà d’une simple transaction commerciale.

