L’Iran a officiellement reconnu lundi 30 mars la mort d’Alireza Tangsiri, chef de la marine des Gardiens de la Révolution, tué lors d’une frappe israélienne menée le 26 mars à Bandar Abbas, principal port militaire iranien sur le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution ont indiqué sur leur site Sepah News que Tangsiri avait « succombé à des blessures graves », confirmant ainsi une annonce israélienne restée sans réponse officielle de Téhéran pendant cinq jours.
Un officier formé dans la guerre, promu dans la durée
Né en 1962 dans la province côtière de Bouchehr, Alireza Tangsiri s’engagea dans les Gardiens de la Révolution lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), où il acquit ses premières expériences de combat maritime dans le Golfe Persique. De 2010 à 2018, il commanda le 1er district naval à Bandar Abbas, avant d’être nommé commandant en chef de la marine des IRGC par le Guide suprême Ali Khamenei en août 2018. Il était, au moment de sa mort, le chef le plus longtemps en poste à cette fonction depuis la révolution islamique de 1979.
Sous sa direction, la marine des Gardiens étendit ses capacités opérationnelles : arraisonnements de navires étrangers dans le Golfe, développement de drones maritimes, et renforcement du dispositif de surveillance du détroit d’Ormuz. Tangsiri présidait également le conseil d’administration de la société Paravar Pars, fabricante de drones Shahed-171, modèle que la Russie a utilisé dans sa guerre contre l’Ukraine.
Une cible désignée pour son rôle dans le blocage d’Ormuz
L’armée israélienne a justifié la frappe par la responsabilité directe de Tangsiri dans le blocage du détroit d’Ormuz, voie de passage d’environ un cinquième du pétrole mondial. Téhéran avait imposé cette fermeture en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran, provoquant une hausse des prix mondiaux de l’énergie. Israël a précisé que plusieurs autres officiers supérieurs de la marine des IRGC avaient également été tués lors de la même opération.
Tangsiri figurait depuis 2019 sur la liste des sanctions du Trésor américain, désigné comme soutien aux activités terroristes des Gardiens de la Révolution. L’Union européenne l’avait également sanctionné. Al Jazeera le qualifiait de figure « très connue » de l’appareil militaire iranien, architecte de la doctrine navale iranienne dans le Golfe. L’Iran n’a pas encore désigné de successeur à la tête de la marine des IRGC.
