Le ministère bahreïni de l’Intérieur a annoncé dimanche 8 mars 2026 qu’un drone iranien avait endommagé une usine de dessalement d’eau sur le territoire du royaume. Il s’agit de la première frappe iranienne confirmée contre une infrastructure hydraulique dans un pays arabe du Golfe depuis le début du conflit, le 28 février.
Dans un communiqué, le ministère a dénoncé une attaque visant « des cibles civiles », faisant état de dommages matériels à l’installation. La même vague d’attaques a blessé trois personnes et endommagé un bâtiment universitaire dans le secteur de Muharraq, île au nord-ouest de Manama. Bahreïn avait déclaré, la veille, avoir intercepté depuis le début des hostilités 92 missiles et 151 drones iraniens.
Une riposte en miroir après Qeshm
La frappe survient au lendemain d’une déclaration du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dénonçant une attaque américaine contre une usine de dessalement d’eau douce sur l’île iranienne de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. Araghchi avait averti que cette frappe constituait « un précédent dangereux aux graves conséquences », précisant que l’approvisionnement en eau de trente villages avait été perturbé. L’armée américaine n’a pas confirmé cette attaque.
Le chef de la diplomatie iranienne a explicitement lié les deux événements, en soulignant que c’est Washington qui, selon lui, avait introduit les infrastructures civiles comme cibles dans ce conflit.
Le Golfe face à une guerre des réseaux vitaux
Les usines de dessalement constituent une ressource stratégique pour l’ensemble des États riverains du Golfe Persique, qui en dépendent pour l’essentiel de leur eau potable. La région abrite plusieurs centaines d’installations de ce type le long de ses côtes. Une attaque réussie contre ces équipements peut affecter directement les populations civiles en quelques heures.
Bahreïn n’est pas seul face à cette escalade. Les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et l’Arabie saoudite ont tous signalé des frappes ou tentatives de frappes iraniennes au cours de la semaine écoulée. À Dubaï, des débris d’un drone intercepté ont tué un chauffeur pakistanais dimanche matin. Au Koweït, les autorités ont confirmé deux morts parmi les membres des forces de sécurité et des attaques ciblant des réservoirs de carburant à l’aéroport international ainsi qu’un bâtiment gouvernemental à Koweït City. En Arabie saoudite, un drone a été intercepté au-dessus du quartier diplomatique de Riyad.
Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré dimanche que son pays ne cherchait pas de différend avec ses voisins, affirmant que Téhéran était « contraint de riposter aux attaques » lancées depuis leur territoire ou leur espace aérien. Ces déclarations n’ont pas été suivies d’une cessation des tirs. Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholam Hossein Mohseni-Ejei, a de son côté indiqué que « les attaques intenses contre ces points continueront ».
