La scène politique béninoise est en ébullition depuis l’annonce de la démission de Boni Yayi de la présidence du parti « Les Démocrates » (LD). Alors que le Comité Permanent du parti a rejeté cette décision, une question brûle toutes les lèvres : pourquoi l’état-major du principal parti d’opposition s’accroche-t-il avec autant de vigueur à un leader qui exprime le souhait de se retirer ? Entre stratégie de survie électorale et culte de la personnalité, l’analyse de cette cohabitation ressemble de plus en plus à un « mariage forcé ».
Le lundi 2 mars 2026 restera comme une date charnière pour le parti « Les Démocrates ». En pleine session, le comité permanent a opposé une fin de non-recevoir à la lettre de démission du Dr Boni Yayi. Mieux, il a été décidé qu’une délégation de haut niveau irait échanger avec l’ancien Chef de l’État pour « mieux comprendre la situation » et, sans doute, le faire revenir sur sa décision. Ce qui frappe l’observateur averti, c’est le contraste saisissant avec les départs précédents au sein de la formation. Souvenons-nous de la vague de démissions qui a emporté vice-président et des cadres techniques de premier plan ces derniers mois. À l’époque, le parti s’était muré dans un silence de cathédrale, prenant acte de ces départs sans tambour ni trompette, sans délégation de médiation, ni rejet formel. Pourquoi ce traitement de faveur pour Boni Yayi ? Cette différence de traitement suggère que dans l’architecture actuelle des « Démocrates », tous les cadres sont remplaçables, sauf un. En refusant de laisser partir son président, le parti semble admettre une fragilité structurelle. Sans l’aura de Yayi, l’édifice risque de s’effondrer.
L’aura de Yayi : un bouclier et une boussole
Le rejet de cette démission n’est pas un acte de courtoisie, c’est une décision de survie politique. Pour « Les Démocrates », Boni Yayi représente trois piliers indispensables : le réservoir de voix, le financement et le réseau, l’unité de façade.
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