Le Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin (ONMB) a réagi à la condamnation de trois agents de santé dans l’affaire du décès d’une parturiente après une césarienne au Centre hospitalier universitaire départemental (CHUD) de l’Ouémé. Dans un message publié sur sa page Facebook, l’institution invite les professionnels de santé à la retenue et à la solidarité à l’égard des praticiens concernés.
Le verdict a été rendu mercredi 11 mars 2026 par le tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo. Les trois agents poursuivis dans ce dossier ont été reconnus coupables d’homicide involontaire à la suite du décès d’une femme lors d’une intervention chirurgicale pratiquée dans cet établissement hospitalier.
Un appel au calme lancé par l’Ordre des médecins
Dans son message adressé aux professionnels de santé, le Conseil national de l’ONMB appelle la communauté médicale à préserver la cohésion de la profession malgré l’émotion suscitée par la décision judiciaire.
« Face à cette situation douloureuse, l’Ordre National des Médecins du Bénin invite chacun de nous au calme, à la retenue et à la solidarité envers nos collègues », indique l’organisation dans sa publication. L’institution précise également que la défense des praticiens condamnés poursuit les démarches nécessaires pour la suite de la procédure. Le Conseil national souligne que l’Ordre reste mobilisé pour accompagner les médecins concernés et poursuivre les échanges avec les autorités compétentes.
Des peines de prison et des réparations financières
Le tribunal de Porto-Novo a condamné chacun des trois agents de santé à une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois fermes et 12 mois assortis de sursis. La juridiction a également infligé à chacun d’eux une amende de 200 000 francs CFA.
La décision prévoit aussi des réparations civiles. Les trois condamnés devront verser solidairement cinq millions de francs CFA de dommages et intérêts au plaignant et à la succession de la victime. Partie au procès, l’Institut national de la femme (INF) obtient pour sa part le franc symbolique. Dans le même dossier, une quatrième personne poursuivie pour non-assistance à personne en danger a été relaxée par la juridiction.
Les étudiants suspendent leurs stages hospitaliers
Dans les jours ayant suivi la décision de justice, les étudiants en médecine de Cotonou ont annoncé la suspension de leurs activités de stage hospitalier. Le Bureau exécutif de l’Association des étudiants en médecine de Cotonou (AEMC) a rendu publique cette mesure le 12 mars 2026 dans une note adressée à la communauté estudiantine.
L’organisation explique que cette suspension vise à exprimer la solidarité des étudiants envers les médecins engagés dans les formations de spécialisation. Les responsables de l’association évoquent également les inquiétudes liées aux conditions d’apprentissage et aux responsabilités assumées par les médecins en formation dans les services hospitaliers.
Le Bureau exécutif de l’AEMC estime que les étudiants en médecine restent des apprenants en cours de formation et souligne l’absence d’un document officiel définissant clairement leurs attributions et les limites de leurs responsabilités dans les structures hospitalières.

