Une vive controverse agite les réseaux sociaux depuis plusieurs jours au Bénin, après la diffusion d’enregistrements audio attribués au panafricaniste Kemi Seba. Dans ces échanges, présentés comme une conversation entre lui et un individu identifié sous le nom d’Agbaza, il est question de projets d’attaques visant des personnalités politiques, avec des références à l’usage d’armes et à des rassemblements publics.
Selon les contenus relayés sur WhatsApp puis massivement partagés en ligne, l’interlocuteur de Kemi Seba évoque des actions violentes incluant l’utilisation de grenades ou de tireurs d’élite. Certains événements de grande affluence, dont les Vodun Days, sont mentionnés comme cibles potentielles. La gravité des propos a rapidement suscité des réactions de stupéfaction et d’inquiétude parmi les internautes.
Authenticité des audios et réaction de Kemi Seba
Dans un premier temps, plusieurs soutiens du panafricaniste ont mis en doute l’authenticité des enregistrements, évoquant de possibles manipulations ou montages à l’aide de technologies d’intelligence artificielle. Cette ligne de défense a circulé largement avant que l’intéressé ne prenne lui-même la parole.
Dans une vidéo publiée sur ses canaux, Kemi Seba reconnaît avoir échangé avec l’individu cité, sans toutefois confirmer l’intégralité des intentions prêtées aux discussions. Il affirme que les extraits diffusés auraient été sortis de leur contexte, sans apporter de précisions détaillées sur les passages incriminés. Cette prise de position n’a pas suffi à apaiser les tensions, les interrogations demeurant sur la portée réelle des propos enregistrés et leur interprétation
Indignation et prises de position publiques
La diffusion de ces audios a déclenché une vague de réactions critiques, y compris parmi certains proches ou soutiens habituels du militant. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la nature des propos et appeler à des clarifications. Sur Facebook, Cornélia Glele a exprimé son indignation face à ce qu’elle qualifie de discours alarmant, évoquant des intentions de violence de grande ampleur et appelant à des sanctions judiciaires à l’encontre des personnes impliquées.
De son côté, Aquilas Cronos Hounkanlin affirme avoir été bloqué par le panafricaniste après avoir commenté la vidéo de réaction. Dans son message, il souligne la gravité des éléments évoqués dans les audios, notamment les références à des financements et à des tentatives de déstabilisation. L’influenceur Habib Ahandessi a également pris position publiquement. « Ce qu’on a entendu est très grave », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant ses liens personnels avec l’activiste. Il évoque des propos « indéfendables » et s’inquiète de scénarios impliquant des violences massives contre des citoyens béninois.
Enjeux sécuritaires et attentes de clarification
Dans le cadre légal béninois, les appels à la violence ou à des actions armées contre des institutions ou des citoyens peuvent relever de poursuites pénales, notamment pour atteinte à la sûreté de l’État ou incitation à la commission d’actes criminels. L’homme est déjà visé par la justice béninoise dans le cadre du coup d’état manqué du 7 décembre dernier. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Il est connu pour ses critiques virulentes contre le régime en place et contre la France.


