Le ministère israélien de la Défense a annoncé ce mardi 31 mars 2026 vouloir « ramener à zéro » ses importations militaires en provenance de France. La décision, prise par le directeur général du ministère, le général de division (réserviste) Amir Baram, vise à couper tout lien d’approvisionnement avec Paris, accusé d’avoir agi « à plusieurs reprises » pour « porter atteinte à la sécurité » d’Israël.
Selon une porte-parole du ministère israélien de la Défense, Israël entend désormais rediriger ses contrats vers ses industries nationales et vers des pays jugés « partenaires fiables« . La décision a été prise conjointement avec le ministre de la Défense Israël Katz, dans le cadre d’une stratégie plus large d’autonomie militaire annoncée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu dès 2025.
Une rupture alimentée par une série de frictions
Les relations franco-israéliennes se sont dégradées progressivement depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, enchaînant les incidents diplomatiques. En juin 2025, la France avait bloqué l’accès de huit entreprises israéliennes de défense au Salon du Bourget, avant de faire marche arrière sous pression de Jérusalem. Le même mois, des dockers du port de Fos-sur-Mer avaient refusé de charger 14 tonnes de pièces détachées pour fusils mitrailleurs destinées à l’industrie militaire israélienne, révélant les contradictions de la position française sur les exportations d’armes.
Le tournant le plus net est intervenu en septembre 2025, lorsque la France a reconnu l’État palestinien. Le chef de la diplomatie israélienne avait alors accusé Emmanuel Macron de tenter « d’intervenir de l’extérieur dans un conflit auquel il n’est pas partie ». Quelques jours plus tôt, à peine, des soldats français de la FINUL avaient été pris pour cible par l’armée israélienne dans le secteur de Naqoura, au sud du Liban, selon la confirmation officielle du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Un geste symbolique aux effets économiques limités
Sur le plan commercial, la rupture reste modeste. Les commandes israéliennes auprès de la France s’élevaient à 27,1 millions d’euros en 2024, soit 0,13 % du total des commandes enregistrées par l’industrie française de défense cette année-là, selon le rapport annuel du ministère des Armées sur les exportations d’armement. Les États-Unis fournissent près de 70 % des importations militaires israéliennes, l’Allemagne arrivant en deuxième position.
La portée de la décision est donc avant tout politique. Israël envoie un signal clair à ses partenaires européens : les positions diplomatiques ont désormais un coût industriel. Aucun calendrier précis de mise en œuvre n’a été communiqué par le ministère israélien de la Défense.
