Guerre en Iran : le ministre italien de la Défense Crosetto dit ne plus pouvoir dormir

Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a déclaré le 30 mars 2026 dans une interview accordée au quotidien La Repubblica qu’il ne parvient plus à dormir en raison de ce que le conflit en Iran pourrait provoquer dans les semaines à venir. « Je suis contraint de connaître des choses qui m’empêchent de dormir la nuit — pour ce qui pourrait arriver dans les prochaines semaines, pour les effets que cela aura sur l’économie et sur notre vie quotidienne », a-t-il déclaré. L’aveu d’un ministre en exercice, formulé publiquement, traduit une inquiétude qui dépasse le cadre strictement militaire.

Une guerre que Rome n’a pas choisie, mais dont elle subit les conséquences

Crosetto a également souligné que l’Italie n’a ni soutenu ce conflit, ni été consultée. Il a ajouté que la durée d’une guerre ne dépend pas de la puissance du belligérant le plus fort, mais de la capacité de résistance du plus faible — et que l’Iran, par sa taille, sa population et son histoire, n’est pas comparable à l’Ukraine. Cette lecture implique, sans le formuler explicitement, que le conflit pourrait s’inscrire dans la durée, avec des répercussions économiques prolongées pour l’Europe.

L’Italie, particulièrement exposée au choc énergétique

L’inquiétude de Crosetto repose sur une réalité structurelle : l’Italie figure parmi les pays européens les plus exposés aux flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe. Selon la Fondation Méditerranéenne d’Études Stratégiques, la dépendance italienne aux importations de pétrole brut du Moyen-Orient est nettement supérieure à celle de la France, dont la part du pétrole moyen-oriental dans les importations de brut s’établissait à 11,9 % en 2024. Depuis le 28 février 2026, date des premières frappes américano-israéliennes sur l’Iran, les grands armateurs ont suspendu leurs opérations dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et un tiers du GNL, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Le 18 mars, des frappes ont également touché les installations gazières de Ras Laffan au Qatar, l’un des principaux fournisseurs de GNL de l’Europe.

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Rome entre non-belligérance officielle et engagement opérationnel

La position italienne est officiellement celle de la neutralité : la Première ministre Giorgia Meloni a répété devant le Sénat que « l’Italie ne prend pas part et ne prendra pas part » aux opérations militaires contre l’Iran. Rome a toutefois déployé des systèmes de défense aérienne dans des pays du Golfe et envoyé une unité navale à Chypre. L’Italie a par ailleurs cosigné, avec l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, le Japon et les Pays-Bas, une déclaration commune condamnant les attaques iraniennes contre des navires commerciaux et le blocage de fait du détroit d’Ormuz. Six pays se sont dits prêts à contribuer à la sécurisation du passage, selon Time France, à un « stade très précoce » selon le secrétaire d’État britannique aux Forces armées.

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