Le président iranien Massoud Pezeshkian a annoncé samedi la suspension des attaques militaires iraniennes contre les pays voisins, sauf en cas de frappe préalable contre le territoire iranien. Cette déclaration intervient alors que l’Iran est engagé depuis plusieurs jours dans un conflit ouvert avec Israël et les États-Unis, qui a débuté par la mort du guide suprême Ali Khamenei lors d’une frappe israélienne le 28 février.
Dans une allocution diffusée à la télévision d’État, Pezeshkian a présenté ses excuses aux gouvernements de la région. « Je m’excuse auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l’Iran », a-t-il déclaré, ajoutant que la République islamique respectait leur souveraineté. Le président a attribué ces frappes à une « mauvaise communication dans les rangs » des forces armées iraniennes, une formulation qui laisse entendre un commandement militaire fragilisé depuis la décapitation du sommet de l’État.
Des bases américaines dans le Golfe prises pour cibles
Depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, Téhéran a conduit des attaques contre des installations militaires américaines stationnées au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. Les autorités iraniennes ont affirmé ne viser que des intérêts américains sur ces territoires, une version contestée par les gouvernements concernés, qui ont dénoncé des atteintes à leur souveraineté et des dommages sur leur sol.
Cette posture iranienne n’est pas sans précédent. Après l’assassinat du général Qassem Soleimani par les États-Unis en janvier 2020, l’Iran avait déjà frappé des bases américaines en Irak, en affirmant cibler exclusivement du personnel militaire américain. Les pays hôtes s’étaient alors retrouvés dans une position similaire, pris en étau entre Washington et Téhéran.
Un pouvoir exécutif sous pression
La mort de Khamenei a privé l’Iran de son centre de commandement politique et militaire de facto. Pezeshkian a indiqué que le conseil de direction intérimaire avait pris contact avec les forces armées pour encadrer les opérations, une démarche qui confirme les difficultés de coordination au sommet de l’appareil d’État depuis le début du conflit.
Le président a réaffirmé que l’Iran ne céderait pas sous la pression étrangère, tout en posant la suspension des frappes régionales comme une décision souveraine et non comme une concession. Cette distinction vise manifestement à préserver la cohérence du discours intérieur face à une opinion publique mobilisée par le conflit.
