L’Iran a officiellement confirmé mardi soir la disparition d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, tué dans une frappe aérienne israélienne conduite dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 mars. Le Conseil a annoncé dans un communiqué qu’il avait « obtenu la douce grâce du martyre », précisant que son fils et plusieurs membres de son escorte avaient également péri dans l’attaque. La confirmation iranienne est venue clore plusieurs heures d’incertitude, après que le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, avait déclaré en matinée avoir été informé de son élimination par le chef d’état-major de Tsahal.
Une figure incontournable à la tête d’un régime fragilisé
Personnalité centrale de la République islamique, Ali Larijani avait été nommé à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale en août 2025. Depuis la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué lors des premières frappes israélo-américaines le 28 février 2026, il s’était imposé comme le véritable homme fort du régime, palliant l’absence persistante du nouveau guide Mojtaba Khamenei, qui n’a toujours pas fait d’apparition publique depuis sa nomination. Figure aux multiples casquettes — ancien président du Parlement, négociateur nucléaire, cadre des Gardiens de la Révolution —, Larijani était, selon des responsables israéliens, celui qui « orientait les attaques contre Israël et les pays du Golfe » depuis le début du conflit.
Sa mort intervient au 18ᵉ jour d’un conflit ouvert entre Israël, les États-Unis et l’Iran, qui a déjà coûté la vie à plus d’une quarantaine de hauts responsables iraniens. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que cette élimination visait à « ébranler le régime » afin de donner « au peuple iranien une chance de s’en débarrasser ». Ankara a condamné l’opération, la Turquie qualifiant ces assassinats ciblés d’« actes illégaux contraires au droit de la guerre ». La disparition de Larijani ouvre désormais une incertitude profonde au sommet de l’État iranien, entre émergence de nouvelles figures de pouvoir et risque de fragmentation du commandement politique et militaire de la République islamique.

