Iran : Trump douche les espoirs de Reza Pahlavi

Le président américain Donald Trump a publiquement écarté Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran, comme futur dirigeant du pays, lui préférant une personnalité issue de l’intérieur du régime iranien. La déclaration a été faite mardi lors d’une conférence de presse improvisée à la Maison-Blanche, en marge d’une réunion avec le chancelier allemand Friedrich Merz.

Interrogé par des journalistes sur la candidature de Reza Pahlavi à la tête d’un Iran post-conflit, Trump a répondu que le prince en exil était « une très belle personne », avant d’ajouter que quelqu’un déjà présent sur le territoire iranien, jouissant d’une popularité locale, lui semblerait plus approprié pour diriger le pays.

Trump face au vide du pouvoir à Téhéran

La prise de position du président américain intervient au quatrième jour des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran, baptisées « Opération Epic Fury », lancées le 28 février 2026. L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique depuis 1989, a été tué lors de ces attaques. Sa mort a ouvert une période d’incertitude sur la succession à la tête de l’État iranien.

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Trump a reconnu que la situation compliquait les options de Washington. La plupart des responsables iraniens que son administration envisageait comme successeurs potentiels auraient été tués dans les frappes. « Nous avons un autre groupe. Ils sont peut-être morts aussi », a-t-il déclaré, évoquant une « troisième vague » de candidats possibles que son équipe ne connaîtrait pas encore.

Parmi les noms cités dans la presse américaine comme successeurs possibles figurent Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême décédé, l’ancien président Hassan Rohani (2013-2021), et le clerc chiite Alireza Arafi, ancien membre du Conseil des gardiens.

Pahlavi en position délicate malgré ses ambitions affichées

Reza Pahlavi, 65 ans, réside aux États-Unis depuis l’exil de sa famille lors de la révolution islamique de 1979. Il s’est positionné ces derniers jours comme candidat à une transition démocratique, affirmant dans une interview à CBS News vouloir être un « dirigeant de transition », et non un roi ou un président. Il assure bénéficier du soutien de millions d’Iraniens, une affirmation que aucune source indépendante n’a pu vérifier. Des Irano-Américains ont manifesté en sa faveur dans plusieurs villes américaines depuis le début des frappes.

Trump n’a exprimé aucun soutien formel à sa candidature. Le président américain a dit vouloir éviter que l’après-guerre débouche sur l’émergence d’un dirigeant « aussi mauvais que le précédent ».

L’Allemagne, qui n’a pas participé aux frappes, a indiqué par la voix de Friedrich Merz être « sur la même longueur d’onde » que Washington sur la nécessité de mettre fin au régime de Téhéran, sans se prononcer sur la question de la succession.

L’Iran a riposté aux frappes par des tirs de missiles et de drones contre des bases militaires américaines et des ambassades dans la région. Le Congrès américain doit se prononcer jeudi sur une résolution de pouvoirs de guerre qui contraindrait Trump à obtenir l’approbation du Parlement avant toute poursuite des opérations militaires contre l’Iran.

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