Deux militaires ghanéens déployés au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) ont été grièvement blessés vendredi après que leur base a été touchée par deux missiles dans le sud du pays, selon un communiqué des Forces armées du Ghana diffusé par l’agence de presse APA.
Les tirs ont atteint le quartier général du contingent ghanéen à 17h45 puis à 17h52, heure locale. Un troisième soldat a subi un traumatisme. Le mess des officiers a été entièrement détruit par les flammes. Les deux blessés graves ont été stabilisés dans un bunker médical avant leur évacuation.
Une attaque au cœur d’une escalade régionale
La frappe survient au septième jour d’une confrontation militaire directe entre Israël et l’Iran. Israël avait auparavant mené des frappes de grande ampleur sur Téhéran, tuant plusieurs hauts responsables des Gardiens de la révolution iranienne. L’Iran a riposté en visant le territoire israélien, tandis que le Hezbollah, allié de Téhéran basé au Liban, a ouvert un front depuis le sud du pays. L’armée israélienne a répliqué par des bombardements intensifs sur le sud du Liban, la vallée de la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, provoquant le déplacement d’environ 300 000 personnes selon les autorités libanaises.
Ni l’armée ghanéenne ni la FINUL n’ont formellement désigné l’auteur des tirs dans leurs communiqués respectifs. Le président libanais Joseph Aoun a pour sa part mis en cause Israël, condamnant ce qu’il a qualifié de frappes répétées sur des positions civiles et militaires au Liban.
Accra dépose une protestation officielle à l’ONU
Le gouvernement ghanéen a immédiatement transmis une protestation formelle au siège des Nations unies à New York. Le président français Emmanuel Macron a qualifié l’attaque d’« inacceptable » et réaffirmé l’engagement de la France au sein de la FINUL, dont elle fournit environ 700 soldats parmi les quelque 10 000 Casques bleus déployés dans le sud du Liban.
« Je me suis entretenu avec le Président syrien Ahmad Al-Charaa ainsi que le Président libanais Joseph Aoun. La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région. La souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, doivent être respectées. Les déstabilisations en cours ne peuvent laisser aucune place au terrorisme. La France y veillera. Alors que la Force des Nations unies au Liban joue un rôle clé de stabilisation au sud du Liban, je condamne fermement l’attaque inacceptable qui a frappé aujourd’hui des membres de son contingent. La France y restera engagée », a écrit le numéro un français Emmanuel Macron dans la soirée d’hier sur X.
La FINUL, créée par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en 2006 à l’issue de la guerre entre Israël et le Hezbollah, a pour mandat de surveiller la cessation des hostilités et d’accompagner le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays. Ses positions ont déjà été visées à plusieurs reprises lors des précédents cycles de violence dans la région.
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir dans les prochaines heures pour examiner la situation au Liban à la demande de plusieurs États membres.
