Au Nigeria, les importations d’essence ont fortement reculé en février, sous l’effet de la montée en puissance de la raffinerie exploitée par le groupe de l’industriel Aliko Dangote. Les données issues d’une fiche d’information officielle sur les activités intermédiaires et aval du secteur pétrolier indiquent que l’approvisionnement local a couvert environ 92 % de la demande nationale au cours du mois.
Dans ce contexte, les volumes importés ont été réduits à près de 3,1 millions de litres par jour, soit environ 8 % de l’offre totale, un niveau historiquement bas pour le Nigeria.
Une chute marquée des importations d’essence
Les chiffres officiels montrent une baisse significative de l’approvisionnement global en carburant, passé de 64,9 millions de litres par jour en janvier à 39,6 millions en février. Cette diminution correspond à un recul de 39,1 %, soit une contraction de 25,4 millions de litres quotidiens.
Cette évolution s’explique principalement par le renforcement du raffinage domestique, qui a progressivement remplacé les importations dans la couverture des besoins du marché. D’après la même source, l’essence produite localement représente désormais la quasi-totalité de l’offre disponible. Les données relayées par la chaîne Arise TV confirment cette tendance, soulignant que les importations quotidiennes sont devenues marginales par rapport aux volumes issus du raffinage national.
La raffinerie Dangote au centre du dispositif
Entrée en phase opérationnelle progressive, la raffinerie du groupe Dangote constitue aujourd’hui l’infrastructure dominante du secteur. Présentée comme la plus grande raffinerie d’Afrique, elle joue un rôle déterminant dans la réduction de la dépendance du pays aux produits pétroliers importés.
En février, les installations locales ont fourni en moyenne 8,2 millions de litres de carburant par jour. À ces volumes s’ajoute la contribution de trois raffineries modulaires, estimée à environ 0,368 million de litres quotidiens, selon la fiche d’information officielle. Malgré certaines contraintes techniques signalées sur plusieurs sites, l’activité de raffinage a dépassé les niveaux observés les mois précédents, permettant de soutenir l’approvisionnement du marché intérieur.
Un changement de politique énergétique
Les autorités nigérianes ont parallèlement modifié leur approche en suspendant les licences d’importation d’essence. Cette décision vise à favoriser l’écoulement de la production locale et à réduire la dépendance extérieure en carburants raffinés.
Selon les données disponibles, le pays a maintenu en février une autonomie estimée à 31 jours de consommation, ce qui correspond au niveau de réserves stratégiques disponibles pour couvrir la demande nationale. La poursuite de cette dynamique dépendra notamment de la stabilité des capacités de raffinage locales et de la montée en régime complète des installations industrielles déjà en service.

