Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, entame ce 24 mars 2026 sa deuxième année à la tête du Sénégal, deux ans après son élection dès le premier tour avec 54,28 % des voix. Porté par une forte attente de rupture politique, le candidat du Pastef s’était imposé dans un contexte marqué par des tensions et une recomposition du paysage politique.
Élu à 44 ans après une campagne éclair, Bassirou Diomaye Faye avait accédé à la magistrature suprême quelques jours seulement après sa sortie de prison, à la faveur d’une loi d’amnistie. Son accession au pouvoir s’était faite avec le soutien déterminant d’Ousmane Sonko, figure centrale du Pastef, empêché de se présenter.
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La séquence électorale de mars 2024 reste marquée par une forte mobilisation populaire. Le slogan « Diomaye mooy Sonko » avait structuré la campagne et cristallisé une partie de l’électorat autour d’un projet présenté comme une alternative au système en place.
Le candidat du Pastef avait battu dès le premier tour Amadou Ba, représentant de la majorité sortante. Cette victoire rapide avait été interprétée comme un rejet des pratiques politiques antérieures et une adhésion à un discours axé sur la souveraineté, la lutte contre la corruption et le renouvellement des élites.
Le parcours du nouveau président s’inscrivait également dans une séquence politique tendue, marquée par la dissolution du Pastef en juillet 2023 et par des manifestations ayant entraîné des pertes en vies humaines et de nombreuses arrestations.
Une gouvernance confrontée aux attentes et aux contraintes
Deux ans après son élection, l’exercice du pouvoir confronte le président et son camp à des attentes élevées. La promesse de transformation rapide des institutions et des pratiques publiques se heurte à des contraintes économiques et administratives.
La question de la relation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko continue d’alimenter les analyses politiques. Si leur alliance a permis la victoire électorale, la gestion du pouvoir implique une répartition des rôles et des responsabilités au sein de l’exécutif et du parti.
Le Pastef, devenu une force centrale du paysage politique, doit désormais gérer les équilibres internes et les exigences liées à la conduite de l’État. Cette évolution marque une transition entre une posture d’opposition et une logique de gouvernance.
Des défis politiques et économiques persistants
Sur le plan économique, les autorités doivent faire face à des enjeux liés à la dette publique, à l’emploi et à la mise en œuvre des réformes annoncées. Les attentes sociales restent élevées, notamment chez les jeunes qui avaient largement soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye.
Le cadre institutionnel impose également des échéances politiques et budgétaires régulières, qui structurent l’action gouvernementale. La capacité à traduire les engagements de campagne en politiques publiques concrètes constitue un point d’attention pour les observateurs.
L’entrée dans la troisième année du mandat présidentiel devrait être marquée par l’évaluation des premières réformes engagées et par la poursuite des chantiers annoncés, dans un environnement politique toujours scruté par les acteurs nationaux et internationaux.
