Après Ormuz, le canal de Panama sous pression : le Brent pourrait atteindre 190 dollars le baril

Une explosion de camions-citernes a ravagé un terminal pétrolier terrestre situé au pied du Pont des Amériques, à Panama City, le lundi 6 avril 2026 à 16h12 heure locale. L’incident a contraint les autorités panaméennes à fermer temporairement le pont, qui enjambe l’entrée Pacifique du canal de Panama, le temps d’évaluer l’intégrité structurelle de l’ouvrage. Un mort et quatre blessés sont à déplorer, selon l’Agence France-Presse.

Le canal de Panama, soupape de secours d’un marché sous tension

L’explosion survient alors que le canal de Panama a pris une importance stratégique accrue depuis le début du conflit irano-américain. Avec le détroit d’Ormuz quasi totalement fermé depuis fin février 2026 — ce passage concentre habituellement 20 % du pétrole mondial transporté par voie maritime —, plusieurs cargaisons américaines ont été redirigées vers l’Asie via le canal, selon des données maritimes publiées par Reuters. Tout incident affectant cette route alternative amplifie mécaniquement la pression sur les marchés énergétiques.

Le Brent évoluait lundi autour de 110 dollars le baril à Singapour, dans un marché suspendu aux développements militaires au Moyen-Orient. Ce niveau représente une hausse de près de 53 % par rapport aux 72 dollars enregistrés avant le déclenchement du conflit fin février.

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Un seuil de 190 dollars évoqué si Ormuz reste bloqué

Une enquête Reuters publiée en mars, compilant les projections de 38 économistes et analystes, a enregistré la plus forte révision à la hausse des prévisions annuelles jamais documentée depuis 2005. Le Brent est désormais anticipé en moyenne à 82,85 dollars sur l’ensemble de 2026, contre 63,85 dollars prévu avant le conflit. «Si le détroit d’Ormuz reste fermé un mois de plus sans signe de résolution imminente, le prix du Brent se dirigera vers les 190 dollars», a déclaré John Paisie, président du cabinet d’analyse Stratas Advisors.

L’OPEP+ a décidé dimanche d’augmenter ses quotas de production pour le mois de mai, une mesure dont l’effet réel sur les cours dépendra de la capacité des pays membres à acheminer leurs exportations sans passer par Ormuz. La prochaine réunion de suivi du cartel est attendue dans les prochaines semaines, les analystes consultés par Reuters anticipant une offre mondiale déficitaire au moins jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2026.

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