Financement libyen : en appel, Sarkozy rejette les accusations, ce qu’il a dit

L’ancien président français Nicolas Sarkozy a été entendu mardi 7 avril devant la cour d’appel de Paris, dans le cadre du procès en appel sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Dès l’ouverture de son interrogatoire, il a contesté les faits qui lui sont reprochés, affirmant son innocence face aux juges et rappelé son rôle dans l’intervention internationale ayant conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Devant la juridiction, l’ancien chef de l’État a évoqué les témoignages récents des familles de victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA, tout en rejetant toute implication personnelle. « On ne répare pas une souffrance par une injustice : je suis innocent », a-t-il déclaré à l’audience.

Une défense centrée sur le rejet des accusations

Au début de son audition, Nicolas Sarkozy a expliqué vouloir répondre aux accusations par ce qu’il a présenté comme « la vérité » de son innocence. Il a nié toute trace de financement en provenance de la Libye dans sa campagne de 2007, assurant qu’aucune somme issue de ce pays n’avait été utilisée.

Publicité

L’ancien président est notamment soupçonné d’avoir laissé certains de ses proches engager, fin 2005, des discussions avec Abdallah Senoussi, ancien haut responsable du régime libyen. Ce dernier a été condamné à la réclusion à perpétuité pour son rôle dans l’attentat contre le vol UTA en 1989, qui avait fait 170 morts. À la barre, Nicolas Sarkozy a également affirmé n’avoir jamais agi en faveur de ce responsable libyen.

Un procès marqué par les témoignages des victimes

La semaine précédente, plusieurs proches des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA ont été entendus par la cour. Certains ont dénoncé un sentiment d’effacement de leur parole face à celle des prévenus, évoquant un décalage entre leur vécu et le déroulement judiciaire. En réponse, Nicolas Sarkozy a reconnu la souffrance exprimée à l’audience, estimant qu’aucune parole ne pouvait être pleinement à la hauteur des drames évoqués.

Une condamnation contestée en appel

Ce procès intervient après une première décision judiciaire rendue en septembre 2025. À l’issue de ce jugement, Nicolas Sarkozy avait été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans ce dossier. Il a fait appel de cette décision, contestant les conclusions du tribunal.

Dix prévenus au total sont rejugés dans cette affaire, qui porte sur des soupçons de financement de la campagne présidentielle de 2007 par l’ancien régime libyen. L’interrogatoire de Nicolas Sarkozy doit se poursuivre sur plusieurs jours, la cour d’appel de Paris poursuivant l’examen du dossier dans les prochaines audiences.

Laisser un commentaire