Guerre en Iran : la Russie évacue ses techniciens de la centrale nucléaire de Bouchehr après une frappe

La centrale nucléaire de Bouchehr, unique installation de ce type en activité en Iran, a été frappée pour la quatrième fois depuis le début du conflit israélo-américain contre Téhéran. Le géant russe du nucléaire Rosatom a déclenché samedi 4 avril l’évacuation de 198 de ses employés présents sur le site, situé sur la côte du golfe Persique, dans le sud du pays.

Selon l’agence d’État iranienne Irna, un projectile aurait touché une zone proche des installations ce matin, tuant un agent de sécurité du site sans endommager le réacteur. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé avoir été informée par Téhéran de cet incident, précisant qu’aucune fuite radioactive n’avait été détectée. Washington et Tel-Aviv n’ont pas revendiqué cette frappe à l’heure de la publication.

Rosatom déclenche la principale vague d’évacuation

Le directeur général de Rosatom, Alexeï Likhatchev, a indiqué que les bus transportant les 198 employés avaient quitté les lieux « à peu près vingt minutes après » la frappe. Cette opération constitue la phase la plus importante d’un retrait progressif engagé depuis le déclenchement des hostilités le 28 février. Une première vague de plusieurs dizaines de techniciens avait été évacuée dès les premiers jours du conflit, suivie de 163 personnes le 25 mars en direction de la frontière irano-arménienne.

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Likhatchev a précisé que plusieurs dizaines de Russes resteraient néanmoins sur place volontairement, et que le réacteur n°1, d’une capacité de 1 000 mégawatts, continuerait de fonctionner. Avant la guerre, Rosatom était également en cours de construction de deux nouveaux réacteurs sur le site.

L’AIEA et Moscou alertent sur les risques nucléaires

Depuis le 17 mars, la centrale de Bouchehr a été touchée à plusieurs reprises par des projectiles, sans dommages structurels selon les bilans successifs de l’AIEA. Le ministère russe des Affaires étrangères a réclamé fin mars une « condamnation sans équivoque » de ces frappes, Rosatom qualifiant la situation de menace directe pour la sûreté nucléaire régionale.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a averti que de nouvelles attaques contre Bouchehr pourraient provoquer des retombées radioactives dans les pays du Golfe. Le site stocke selon Rosatom 70 tonnes de combustible nucléaire et 210 tonnes de combustible usé.

Likhatchev a indiqué que les ministères russes de la Défense et des Affaires étrangères coordonnent les opérations d’évacuation restantes, dont le calendrier n’est pas rendu public pour des raisons de sécurité.

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