Guerre en Iran : l'armée française face à la question de ses stocks de missiles MICA

Les Rafale de l’armée de l’air française basés aux Émirats arabes unis ont abattu plusieurs dizaines de drones et missiles iraniens depuis le déclenchement de l’opération américano-israélienne « Fureur épique » le 28 février 2026. Cette cadence opérationnelle inédite a provoqué une chute rapide des stocks français de missiles air-air MICA, révélant une fragilité structurelle des arsenaux de l’armée de l’air et de l’espace.

Des Rafale mobilisés sans interruption depuis un mois

Stationnés sur la base aérienne d’Al Dhafra, les six Rafale de l’escadron 1/7 Provence ont été renforcés par six appareils supplémentaires issus de la 4e Escadre de chasse de Saint-Dizier. Depuis le 28 février, ils assurent des rotations permanentes, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pour intercepter les vagues de drones et missiles lancés par les Gardiens de la révolution iraniens contre le territoire émirien. « Compte tenu du volume des attaques, ils décollent tous les jours pour assurer la défense de notre partenaire, 24 heures sur 24 », a précisé le général Marc Le Bouil, chef du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), dans un entretien accordé au quotidien L’Opinion le 17 mars. Ce déploiement s’appuie sur les accords de défense liant la France aux Émirats arabes unis, qui prévoient une clause d’assistance en cas d’agression extérieure.

Les stocks de MICA sous pression

Le rythme soutenu des interceptions a accéléré la consommation des missiles MICA IR/EM, l’arme air-air de courte et moyenne portée embarquée sur le Rafale. La Tribune a révélé que ces stocks auraient « très rapidement fondu », soulevant des tensions entre l’État-major des armées, la Direction générale de l’armement (DGA) et le missilier européen MBDA, fabricant du MICA. La situation devait être examinée lors d’une réunion convoquée le 17 mars par le Premier ministre Sébastien Lecornu, finalement annulée pour des raisons d’agenda selon la même source. Ce n’est pas la première fois que la question des munitions complexes est posée : depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, plusieurs rapports parlementaires avaient alerté sur le faible niveau des stocks français de missiles, qualifiés d’« échantillonnaires » par rapport aux besoins d’un engagement de haute intensité.

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Une vulnérabilité partagée à l’échelle de l’Alliance

Zone Militaire a rapporté que la France n’est pas seule dans cette situation. Selon Euractiv, les États-Unis ont utilisé davantage de missiles intercepteurs Patriot en quelques jours de conflit contre l’Iran qu’au cours des quatre années de guerre en Ukraine — une donnée soulignée publiquement par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Washington a depuis approuvé des ventes d’armements d’urgence aux Émirats arabes unis et au Koweït pour près de 20 milliards d’euros, incluant des systèmes de défense aérienne supplémentaires.

La tenue d’une réunion interministérielle sur les stocks de munitions françaises reste attendue. Aucune date n’a été communiquée par les services du Premier ministre à ce stade.

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