Le ministre nigérian de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a catégoriquement rejeté mardi 31 mars les interprétations selon lesquelles l’accord migratoire signé avec le Royaume-Uni en mars 2026 inclurait des dispositions pour la réadmission de criminels étrangers. Le gouvernement nigérian a précisé que le protocole d’accord ne s’applique qu’aux citoyens nigérians en situation de séjour irrégulier sur le territoire britannique.
Depuis l’annonce de ce partenariat lors de la visite d’État du président Bola Tinubu à Londres, une controverse a éclaté quant à la portée réelle de l’accord. Le Royaume-Uni avait présenté ce texte comme devant accélérer les expulsions de migrants sans droit de séjour, tandis que certains commentaires ont soulevé des craintes concernant une possible réadmission de délinquants étrangers au Nigeria.
Un accord limité aux ressortissants nigérians en situation irrégulière
Interrogé sur le plateau de l’émission Politics Today de Channels Television, Tunji-Ojo a dissipé cette confusion. « L’accord concerne strictement les Nigérians qui ont dépassé la durée de leur visa ou qui ne sont pas en statut légal au Royaume-Uni », a-t-il déclaré. Il a appuyé son argument sur l’article 7 du protocole, stipulant que les deux parties s’engagent à assurer le retour digne de leurs ressortissants « qui n’ont pas ou n’ont plus le droit d’entrer ou de rester ».
Le ministre a catégoriquement affirmé : « Il n’y a aucune chance que ce gouvernement sous ce président signe ce genre d’accord ; cela ne sera jamais fait », excluant toute possibilité d’accueil de criminels étrangers non nigérians.
Garanties de traitement et respect des droits fondamentaux
Tunji-Ojo a également souligné l’article 8 du texte, qui régit les droits des personnes rapatriées. Selon ses explications, cet article impose que chaque individu soit traité « avec dignité et conformément à leurs droits fondamentaux ». Le ministre a assuré que l’accord inclut des garanties explicites encadrant le retour de ces personnes.
Il a différencié ce partenariat des arrangements controversés avec d’autres pays tiers, affirmant que cet accord repose sur un équilibre et une réciprocité. « La migration irrégulière est un problème universel qui exige une collaboration pour le résoudre », a-t-il déclaré, précisant que le Nigeria reste concentré sur l’abattage des défis intérieurs plutôt que sur leur exportation.
Le gouvernement nigérian a demandé une interprétation rigoureuse du protocole, basée exclusivement sur ses dispositions juridiques spécifiques plutôt que sur des suppositions.



