Malgré le rejet formel de l’Union africaine le 27 mars 2026, l’ancien président sénégalais Macky Sall maintient sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Quatre jours après le camouflet continental, ni déclaration publique ni prise de parole directe : c’est sa cellule de communication qui a géré seule la réponse.
Le communiqué publié le jour même du rejet tente de minimiser l’ampleur du revers. L’équipe de Macky Sall fait valoir que le dépôt officiel du dossier à New York, effectué le 2 mars via le Burundi, reste administrativement valide indépendamment de la position de l’UA. Selon ce même communiqué, treize États maintiendraient leur objection, cinq auraient demandé un délai supplémentaire, tandis que l’Égypte et le Liberia se seraient retirés de la liste des opposants. Trente-cinq membres de l’organisation continentale ne se seraient ni prononcés ni opposés.
Dakar désavoue, Addis-Abeba entérine le blocage
La position du Sénégal est sans ambiguïté. Dans une note verbale adressée à la Commission de l’UA, la mission permanente sénégalaise à Addis-Abeba a précisé que le pays n’avait « à aucun stade endossé » la candidature et n’avait pas été « associé à l’initiative y afférente ». C’est Aminata Touré, haut représentant du président Bassirou Diomaye Faye, qui a publiquement justifié ce refus le 29 mars au journal télévisé de 20 heures, dénonçant une procédure « peu cavalière » pilotée par un pays tiers. Macky Sall, de son côté, n’a adressé aucune demande de soutien à son successeur — démarche pourtant consacrée par l’usage diplomatique pour ce type de candidature.
Des auditions à New York en avril comme premier test
Sans le label continental, la candidature de l’ancien chef d’État sénégalais affronte un handicap structurel difficilement surmontable. La sélection du secrétaire général de l’ONU repose sur une recommandation du Conseil de sécurité, où chacun des cinq membres permanents dispose d’un droit de veto, avant entérinement par l’Assemblée générale. Les candidats en lice, dont l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et la Chilienne Michelle Bachelet, ancienne Haute-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, bénéficient de soutiens institutionnels plus consolidés.
Des dialogues interactifs avec l’ensemble des candidats sont prévus à New York en avril 2026. Le processus formel au Conseil de sécurité ne devrait s’engager qu’en juillet-août. Le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre 2026.


