La Société internationale pour les libertés civiles et l’État de droit (Intersociety) affirme avoir recensé 1 402 chrétiens tués ou enlevés au Nigeria entre le 1er janvier et le 6 avril 2026. Sur cette période de 96 jours, l’organisation note une recrudescence des violences durant les célébrations pascales, avec 102 morts enregistrés pendant la Semaine sainte, du 28 mars au 4 avril, ainsi que 34 décès le seul jour du dimanche de Pâques, le 5 avril.
D’après les données publiées, 450 personnes ont été tuées et environ 600 autres enlevées sur la période étudiée. Le président d’Intersociety, Emeka Umeagbalasi, explique que plusieurs victimes auraient succombé en captivité à la suite de tortures, de la famine, de blessures par balles ou de coups de machette infligés par des groupes djihadistes. L’organisation signale également que 20 autres chrétiens ont été tués entre le 20 et le 27 mars.
Accusations contre le gouvernement nigérian
Umeagbalasi reproche au gouvernement fédéral nigérian d’avoir, selon lui, dépensé depuis octobre 2025 plusieurs dizaines de millions de dollars dans des campagnes de communication internationales visant à contester l’ampleur des violences visant les chrétiens.
Intersociety dénonce également une tentative de minimisation de la situation à travers des récits alternatifs, qui présentent ces attaques comme de simples conflits entre agriculteurs et éleveurs, parfois liés aux effets du changement climatique.
Cadre d’une crise prolongée
Ces chiffres récents sont liés à un problème de longue date. Selon une étude de l’Observatoire pour la liberté religieuse en Afrique (ACN/ACIAfrica), environ 16 000 à 17 000 chrétiens ont été tués entre 2019 et 2023, dans un pays qui a également enregistré des dizaines de milliers de victimes toutes confessions confondues sur la même période. Les violences s’étendent géographiquement et ne se limitent plus au Nord du Nigeria. Selon ACN/ACIAfrica, elles affectent désormais les régions du centre et du sud, où vit la majorité de la population chrétienne du pays. Les attaques ciblent églises, écoles et habitations civiles.
Le président d’Intersociety affirme que les violences visant les chrétiens et les attaques contre les églises au Nigeria, que l’organisation qualifie de « génocide chrétien », continuent de s’étendre et de s’intensifier. Selon lui, l’implication des acteurs étatiques devient de plus en plus préoccupante et difficile à contrôler. Le gouvernement nigérian a toutefois « réfuté » ces accusations, jugeant qu’elles relèvent d’une « déformation de la réalité » et affirmant que les violences touchent sans distinction tous ceux qui s’opposent aux groupes armés, quelle que soit leur religion.
