L’Éthiopie et la Russie ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération énergétique avec la signature, le 31 mars 2026 à Addis-Abeba, d’une feuille de route dédiée au développement du nucléaire civil. Le document a été conclu entre la Commission éthiopienne de l’énergie atomique et la société publique russe Rosatom.
Ce texte définit les modalités de collaboration technique, institutionnelle et opérationnelle entre les deux parties, avec pour objectif la mise en place de projets de production d’électricité d’origine nucléaire.
Un cadre structuré pour un projet énergétique
La feuille de route détaille les étapes nécessaires à la réalisation du programme, notamment les études techniques, l’organisation institutionnelle et les aspects économiques du projet. Elle prévoit également la formation de personnels éthiopiens et la préparation d’un futur accord intergouvernemental.
Selon les informations communiquées par la Commission éthiopienne de l’énergie atomique, ce document sert de base à la mise en œuvre concrète des premières initiatives dans le nucléaire civil. Il formalise un processus engagé depuis septembre 2025, date à laquelle Addis-Abeba et Moscou avaient conclu un accord de coopération dans ce domaine.
Diversification d’un système électrique dominé par l’hydroélectricité
L’initiative vise à réduire la dépendance du pays à l’hydroélectricité, qui représente l’essentiel de sa production électrique. Le recours au nucléaire doit permettre d’assurer une production continue, indépendante des conditions climatiques. Contrairement aux barrages ou aux énergies renouvelables intermittentes, une centrale nucléaire fonctionne en continu et fournit une capacité stable adaptée aux besoins industriels et urbains.
Une stratégie russe déjà déployée sur le continent
La coopération avec l’Éthiopie s’ajoute à une série d’accords conclus par la Russie avec plusieurs pays africains dans le nucléaire civil. Rosatom intervient notamment en Égypte pour la construction de la centrale d’El-Dabaa, tandis que des projets ou partenariats sont engagés avec le Nigeria, le Rwanda ou encore la Zambie.
Ces initiatives reposent sur un modèle intégrant financement, construction des infrastructures et formation des ressources humaines locales. Le nucléaire civil offre aux États concernés une capacité de production élevée avec de faibles émissions de CO₂, tout en renforçant leur sécurité énergétique. La prochaine étape du partenariat entre Addis-Abeba et Moscou devrait porter sur la conclusion d’un accord intergouvernemental et le lancement des études de faisabilité du projet de centrale.


