Révision constitutionnelle au Cameroun : la pétition de l'opposant Maurice Kamto piratée

L’opposant camerounais Maurice Kamto, dirigeant du parti politique « Mouvement pour la Renaissance du Cameroun » (MRC), a dénoncé lundi 6 avril, le piratage de la plateforme en ligne hébergeant sa pétition contre la révision constitutionnelle adoptée par le Parlement camerounais le 4 avril. Selon Kamto, la plateforme avait déjà collecté plus de 8 000 signatures en une heure avant d’être compromise. « Nos équipes techniques sont actuellement mobilisées pour rétablir la plateforme dans les plus brefs délais et renforcer son niveau de sécurité », a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Une protestation large contre la refonte institutionnelle

La pétition lancée par Maurice Kamto s’oppose à trois dispositifs législatifs et constitutionnels : la création d’un poste de Vice-président de la République avec droit de succession automatique en cas de vacance présidentielle, la prolongation successive du mandat des députés, et l’extension illimitée du mandat des conseillers municipaux. Kamto qualifie cette réforme de « coup d’État constitutionnel et institutionnel orchestré par le régime de Paul Biya ».

Le Parlement camerounais a adopté le projet de révision de la constitution avec 201 voix pour, 18 contre et 3 bulletins nuls. Le texte rétablit la fonction de Vice-président, supprimée depuis l’indépendance, et confère au chef de l’État le pouvoir de nommer et révoquer ce dernier. En cas de décès, démission ou empêchement du Président, le Vice-président achèverait le mandat en cours sans scrutin supplémentaire.

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Des critiques croissantes sur la légitimité électorale

L’opposition camerounaise conteste la légitimité de cette succession de gré à gré. Des constitutionnalistes, dont la professeure Kourra Félicité Owona Mfegue, ont soulevé l’ambiguïté créée par la coexistence d’un Vice-président et d’un Premier ministre sans délimitation claire de leurs attributions respectives. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti au pouvoir, défend pour sa part la légalité du processus en invoquant l’article 63 de la Constitution prévoyant l’examen des révisions par le Parlement réuni en Congrès.

Kamto a annoncé que « les équipes techniques sont actuellement mobilisées pour rétablir la plateforme dans les plus brefs délais et renforcer son niveau de sécurité ». Le rétablissement de la plateforme et son évolution seront suivis par l’opinion publique.

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