Les jeunes adultes d’Afrique subsaharienne affichent les meilleurs scores mondiaux de santé mentale, devançant largement leurs homologues des pays riches. C’est ce que révèle le Global Mind Health in 2025, rapport publié le 26 février 2026 par Sapien Labs, organisation à but non lucratif américaine spécialisée en neurosciences et psychologie, à partir de données collectées auprès d’environ un million de personnes dans 84 pays.
Le classement repose sur un indice appelé Mind Health Quotient (MHQ), qui mesure 47 dimensions du fonctionnement émotionnel, cognitif, social et physique. Sur une échelle allant de -100 à 200, les 18-34 ans du Ghana obtiennent un score moyen de 69, contre 36 pour leurs homologues américains. Le top 5 mondial est entièrement africain : Ghana, Nigeria, Kenya, Zimbabwe et Tanzanie. À l’opposé, les pays les plus mal classés sont le Royaume-Uni (81e), l’Allemagne (71e) et l’Irlande (70e).
Une crise générationnelle qui épargne l’Afrique
À l’échelle mondiale, le rapport documente un effondrement du bien-être mental chez les jeunes générations. Les 18-34 ans sont aujourd’hui quatre fois plus susceptibles que les plus de 55 ans de présenter des troubles d’intensité clinique affectant leur vie quotidienne. 41 % des jeunes adultes connectés à internet se trouvent en situation de « crise mentale », selon les termes de Tara Thiagarajan, chercheuse principale et fondatrice de Sapien Labs. « Le déclin semble progresser de génération en génération et va bien au-delà de la montée de la dépression et de l’anxiété », a-t-elle déclaré lors de la publication du rapport.
Ce recul, selon Sapien Labs, est sensiblement moins marqué dans les pays d’Afrique subsaharienne, où quatre facteurs protecteurs restent prévalents : l’adoption tardive des smartphones durant l’enfance, une alimentation moins dominée par les produits ultra-transformés, des liens familiaux plus solides et un niveau de spiritualité élevé. En Tanzanie, l’âge moyen du premier smartphone est de 18 ans, contre moins de 13 ans aux États-Unis.
Des systèmes de santé mentale qui restent insuffisants
Ces résultats contrastent avec les lacunes structurelles documentées sur le continent. Selon l’Atlas mondial de la santé mentale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les gouvernements africains consacrent en moyenne 0,46 dollar par habitant à la santé mentale, loin de la recommandation de 2 dollars fixée pour les pays à faible revenu. Le Kenya ne dispose que d’un spécialiste pour un million d’habitants.
Sapien Labs prévoit de mettre à jour son rapport annuellement dans le cadre du Global Mind Project, l’une des plus vastes enquêtes continues sur le bien-être mental à l’échelle mondiale.



