Shelly Kittleson, journaliste américaine freelance, a été enlevée mardi soir en plein centre de Bagdad, sur Saadoun Street, l’une des artères les plus fréquentées de la capitale irakienne. L’opération, impliquant deux véhicules, a été menée par un groupe d’hommes armés qui ont intercepté la reporter à proximité du Baghdad Hotel.
Le ministère irakien de l’Intérieur a confirmé l’enlèvement dans un communiqué officiel, précisant que les forces de sécurité avaient immédiatement lancé une opération de recherche. Lors de la poursuite, l’un des véhicules des ravisseurs a été forcé à s’arrêter et a basculé alors que ses occupants tentaient de fuir vers la province de Babylone, au sud-ouest de Bagdad. Un suspect a été arrêté et un véhicule saisi, mais Kittleson ne se trouvait pas à bord. Les recherches se poursuivaient en fin de soirée.
Un suspect lié à Kataib Hezbollah interpellé
L’assistant secrétaire d’État américain Dylan Johnson a indiqué sur le réseau social X qu’un individu ayant des liens avec la milice pro-iranienne Kataib Hezbollah avait été placé en garde à vue par les autorités irakiennes. Selon des responsables américains cités par CBS News, le gouvernement des États-Unis avait averti Kittleson à plusieurs reprises de menaces spécifiques émanant de ce groupe, qui visait des journalistes féminines — y compris la nuit précédant l’enlèvement. Son nom figurait sur une liste en possession de la milice.
Kataib Hezbollah est une organisation paramilitaire irakienne financée par Téhéran, classée organisation terroriste par Washington. Le groupe a multiplié les attaques contre des intérêts américains en Irak depuis le début du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran en février 2026.
Une correspondante aguerrie, avertie du danger
Contributrice régulière d’Al-Monitor, Kittleson collabore également avec la BBC, Politico et Foreign Policy. Spécialisée dans les conflits du Moyen-Orient et d’Afghanistan, elle est basée à Rome et séjourne régulièrement à Bagdad depuis plusieurs années. Selon Reporters sans frontières, elle « connaît très bien l’Irak, où elle effectue de longs séjours ».
Son cas rappelle celui d’Elizabeth Tsurkov, universitaire russo-israélienne enlevée à Bagdad en 2023 et détenue pendant près de deux ans par Kataib Hezbollah avant d’être remise aux autorités américaines en septembre 2025.
Le Comité pour la protection des journalistes a appelé les autorités irakiennes à « tout mettre en œuvre » pour localiser Kittleson et assurer sa libération immédiate. Le FBI coordonne les efforts côté américain, selon le département d’État.
