Le Rwanda a renforcé cette semaine sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lors du Sommet sur l’innovation dans l’énergie nucléaire en Afrique organisé à Kigali. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, y a remis au gouvernement rwandais le rapport final d’une mission d’examen intégré des infrastructures nucléaires (INIR) et signé un accord de collaboration portant notamment sur les petits réacteurs modulaires.
Selon l’AIEA, les échanges ont porté sur les objectifs énergétiques du Rwanda, qui prévoit de rendre l’énergie nucléaire opérationnelle au début des années 2030. Kigali ambitionne également que cette source représente plus de 60 % de son mix énergétique d’ici 2050. Le sommet a réuni plusieurs dirigeants africains, parmi lesquels le président rwandais Paul Kagame, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan et Faure Gnassingbé.
L’AIEA valide les avancées du programme rwandais
L’examen intégré des infrastructures nucléaires constitue une étape technique utilisée par l’AIEA pour évaluer la préparation des États souhaitant développer un programme nucléaire civil. Dans le cas du Rwanda, l’agence a salué les dispositifs institutionnels et réglementaires déjà mis en place.
D’après l’organisation internationale, la mission a relevé des progrès dans les domaines juridique, technologique et administratif, ainsi qu’un soutien affirmé des autorités publiques au projet nucléaire national.
Le président Paul Kagame a déclaré que cette évaluation confirmait que le pays avançait « dans la bonne direction » vers la mise en service de l’énergie nucléaire. L’AIEA a également indiqué qu’un accord supplémentaire avait été signé afin d’élargir la coopération technique avec Kigali.
Les petits réacteurs modulaires privilégiés
Le Rwanda mise en particulier sur les petits réacteurs modulaires, souvent désignés sous l’acronyme SMR. Ces infrastructures nucléaires de taille réduite nécessitent des investissements et des réseaux électriques moins importants que les centrales conventionnelles.
Le pays avait déjà accueilli en 2024 des discussions internationales consacrées à ces technologies, considérées par plusieurs gouvernements africains comme une option adaptée aux besoins énergétiques du continent.
Pour préparer ce programme, Kigali a créé ces dernières années le Rwanda Atomic Energy Board, chargé d’encadrer le développement du nucléaire civil et de préparer les normes techniques et réglementaires nécessaires.
L’Afrique du Sud demeure actuellement le seul pays africain disposant d’une centrale nucléaire en activité. Le Rwanda fait partie des États africains cherchant désormais à développer leur propre production nucléaire pour soutenir l’industrialisation et répondre à la hausse de la demande en électricité.
L’AIEA devrait poursuivre ses missions d’évaluation et d’accompagnement technique au Rwanda avant toute phase de construction ou de mise en service des futures installations nucléaires.