La Hongrie a officiellement refusé de mettre en œuvre le pacte européen sur la migration et l’asile, entré en vigueur en juin 2026. Budapest n’a transmis aucun plan national d’application à la Commission européenne, contrairement à l’obligation imposée à l’ensemble des États membres depuis décembre 2024.
Le gouvernement hongrois rejette les deux options prévues par le texte : l’accueil de demandeurs d’asile relocalisés depuis les pays de première ligne, et le versement d’une compensation financière fixée à 20 000 euros par migrant non accepté. La Slovaquie a adopté la même position de refus total. La Pologne, la République tchèque et plusieurs autres pays d’Europe centrale ont également contesté le mécanisme, allant jusqu’à déposer un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne.
Un mécanisme de solidarité fragilisé dès son lancement
Le pacte prévoit la relocalisation annuelle d’au moins 30 000 demandeurs d’asile depuis les pays soumis à une forte pression migratoire — la Grèce, l’Italie, l’Espagne, Chypre — vers les États membres moins exposés. Plusieurs pays, dont la Belgique, les Pays-Bas et la Finlande, ont choisi de s’acquitter uniquement d’une contribution financière plutôt que d’accueillir des personnes. Seule la Lettonie s’est engagée sur des mesures alternatives.
Selon des sources citées par Euronews, si une majorité d’États membres refuse de participer au programme, la Commission européenne se trouverait dans l’impossibilité d’appliquer les sanctions financières prévues par le règlement.
Budapest déjà sous procédure d’infraction
Ce refus n’est pas une première. La Hongrie a été condamnée par la Cour de justice de l’UE à une amende de 200 millions d’euros pour non-respect des règles européennes en matière d’asile. La Commission européenne avait également relevé, dans un rapport publié en août 2024, des manquements graves dans l’application de l’acquis de Schengen par Budapest, notamment l’absence d’accès aux procédures d’asile et le non-respect du principe de non-refoulement.
Le changement de gouvernement à Budapest ne modifie pas la ligne sur ce dossier. Le nouveau Premier ministre Péter Magyar, qui a pris ses fonctions en mai 2026 après sa victoire sur le parti de Viktor Orbán, a confirmé son opposition au pacte migratoire européen, tout en maintenant les barrières frontalières au sud du pays. La Commission européenne n’a pas encore précisé les suites procédurales qu’elle entend donner au refus hongrois dans le cadre du nouveau cycle de solidarité, dont le démarrage était prévu pour octobre 2025.
