Cameroun : près de 1400 églises pourraient être fermées par le gouvernement

Un tournant majeur se dessine pour les lieux de culte au Cameroun. À la suite d’un meurtre particulièrement violent survenu à Yaoundé, le ministère de l’Administration territoriale a annoncé son intention de fermer près de 1 400 églises identifiées comme exerçant sans autorisation. La décision a été rendue publique le 8 juillet 2026 par le ministre Paul Atanga Nji, qui affirme vouloir mettre fin aux irrégularités observées dans le secteur religieux après ce drame.

L’affaire trouve son origine dans le récent assassinat d’une fillette de 11 ans à Yaoundé. La principale suspecte, placée en détention, aurait déclaré aux enquêteurs avoir agi sous l’influence d’un dirigeant religieux qui lui aurait fait croire qu’un sacrifice humain lui permettrait de résoudre ses difficultés financières. D’après les conclusions du médecin légiste, l’enfant a reçu 17 coups de couteau.

Le gouvernement annonce un vaste contrôle des lieux de culte

Reçus par le ministre de l’Administration territoriale, les responsables de l’église dénommée Vie et Paix au Cameroun ont été rappelés à leurs obligations légales. À cette occasion, Paul Atanga Nji a insisté sur le fait que les pratiques religieuses ne sauraient échapper aux lois de la République. « La foi ne peut plus s’affranchir de la loi. » a laissé entendre le ministre camerounais.

Le ministre a expliqué que plusieurs centaines de lieux de culte avaient vu le jour au fil des années grâce à une politique de tolérance administrative, sans accomplir les démarches prévues par la réglementation. Les autorités affirment avoir recensé environ 1 400 églises concernées par des mesures de fermeture.

Au Cameroun, la création d’une association religieuse est encadrée par la loi sur la liberté d’association et nécessite notamment une autorisation délivrée par les autorités compétentes. Les pouvoirs publics disposent de prérogatives pour suspendre ou interdire des structures ne respectant pas les dispositions en vigueur.

Les institutions religieuses occupent une place importante dans la société

La décision intervient dans un pays où les organisations religieuses jouent un rôle bien au-delà de la pratique du culte. Les Églises, les communautés musulmanes et d’autres confessions interviennent dans l’éducation, la santé, l’action sociale et l’accompagnement des populations. Elles gèrent de nombreux établissements scolaires, des centres de soins et des œuvres caritatives qui accueillent chaque année des milliers de personnes.

Leur influence s’étend également aux débats de société et, à certaines périodes, à la médiation lors de crises politiques ou sociales. Cette présence explique pourquoi les décisions visant les organisations religieuses suscitent généralement une forte attention de l’opinion publique.

Dans le cas présent, les autorités camerounaises distinguent toutefois les activités religieuses reconnues des structures qui exerceraient sans autorisation ou dont les responsables seraient soupçonnés de dérives incompatibles avec la législation nationale.

Des enquêtes toujours en cours

L’enquête judiciaire sur le meurtre de la fillette se poursuit afin de déterminer les responsabilités de chacun. Les déclarations de la suspecte devront notamment être confrontées aux autres éléments recueillis par les enquêteurs avant toute conclusion définitive sur le rôle éventuel des personnes qu’elle a mises en cause.

Sur le plan administratif, le ministère de l’Administration territoriale a annoncé la poursuite des contrôles destinés à vérifier la situation juridique des lieux de culte recensés. Les fermetures évoquées devraient intervenir au terme des procédures engagées par les autorités compétentes, tandis que les investigations judiciaires liées au meurtre se poursuivent devant les juridictions camerounaises.

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