Une nouvelle vague de tensions frappe les relations déjà fragiles entre Washington et Téhéran. Israël aurait transmis aux États-Unis des renseignements faisant état d’un nouveau plan iranien visant à assassiner le président américain Donald Trump, selon des informations rapportées par le Wall Street Journal et confirmées par CNN citant deux sources proches du dossier.
Une alerte israélienne jugée spécifique et récente
L’avertissement transmis par les services israéliens serait arrivé cette semaine, contrairement à un flux plus ancien de renseignements américains évoquant des menaces diffuses contre le président. Une source proche du dossier a précisé à CNN que cette alerte concernait, elle, un complot précis. Les détails exacts du plan visé restent flous : deux sources ont indiqué que les services américains n’avaient pas eux-mêmes vérifié cette information ni ne suivaient cette piste avant la transmission par Tel-Aviv.
Plusieurs responsables américains estiment que ce signalement israélien pourrait aussi répondre à un objectif politique : peser sur les arbitrages de Donald Trump concernant une éventuelle intensification des frappes contre l’Iran. Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, connu pour son scepticisme envers les efforts diplomatiques américains avec Téhéran, s’est entretenu par téléphone avec Trump jeudi et devrait se rendre prochainement à Washington.
Un climat de menaces alimenté par la mort de Khamenei
L’épisode survient alors que les funérailles de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, tué au début du conflit qui oppose l’Iran à Israël et aux États-Unis, ont donné lieu à Mashhad à des scènes de foules scandant des appels à la mort du président américain. Trump a lui-même évoqué cette semaine figurer sur « toutes les listes » de cibles iraniennes, sans préciser s’il faisait référence à ce renseignement précis transmis par Israël.
La menace iranienne contre Trump n’est pas nouvelle : Téhéran promet publiquement des représailles depuis la frappe américaine de 2020 ayant tué le général Qassem Soleimani, chef de la force Al-Qods des Gardiens de la révolution. Trump a par ailleurs révélé cette semaine qu’Israël avait initialement reculé face à un projet visant à éliminer Soleimani, ce qui avait conduit les États-Unis à agir seuls.
Un cessez-le-feu sous forte pression
Le contexte régional reste explosif : un cessez-le-feu de 60 jours entre les deux pays est aujourd’hui largement fragilisé, les deux camps ayant repris les échanges de frappes ces derniers jours. Washington et Téhéran poursuivraient malgré tout, selon plusieurs responsables américains, des discussions discrètes en vue d’un accord sur le nucléaire iranien d’ici la mi-août. Des préparatifs en vue de frappes américaines supplémentaires auraient été activés jeudi soir, avant d’être finalement suspendus au profit de la voie diplomatique.
Les prochains jours devraient être marqués par la visite annoncée de Benjamin Nétanyahou à Washington, où les deux dirigeants doivent évoquer la suite des opérations militaires dans le Golfe ainsi que l’avenir des négociations avec l’Iran.
