Lune : après le crash d'un débris de SpaceX, les scientifiques traquent le nouveau cratère

Un cratère lunaire aurait été créé mercredi matin par la chute d’un débris de fusée SpaceX. L’objet, un morceau de quatre tonnes, aurait heurté la surface près du cratère Einstein à environ 8 700 km/h, selon des trajectoires orbitales calculées par des astronomes indépendants.

Un étage de fusée abandonné depuis 2025

Ce morceau provient d’une Falcon 9 lancée depuis la Floride en janvier 2025, mission qui emportait sous sa coiffe deux engins destinés à se poser sur la Lune. Sa mission achevée, le second étage du lanceur — sans carburant et hors de contrôle — a continué à orbiter, livré aux perturbations extérieures. Chez SpaceX, la responsable des programmes scientifiques Nasa, Julianna Scheiman, attribue cette dérive à un concours de facteurs gravitationnels et d’activité solaire.

L’un des deux atterrisseurs transportés par cette fusée, Blue Ghost-1 de la société Firefly Aerospace, s’était posé avec succès sur la Lune le 2 mars 2025. L’autre, Resilience, construit par la société japonaise ispace, s’était quant à lui écrasé lors de sa descente le 5 juin.

Des orbiteurs à la recherche du point d’impact

La confirmation visuelle de la collision n’était pas immédiate. Le sol lunaire, dépourvu d’atmosphère, ne renvoie ni bruit ni fumée lors d’un tel choc. La Nasa, via sa sonde Lunar Reconnaissance Orbiter, et la Corée du Sud, avec l’orbiteur Danuri, doivent comparer des clichés pris avant et après l’événement pour localiser précisément le nouveau cratère, un processus qui pourrait prendre plusieurs jours. Selon l’astronome Bill Gray, spécialiste du suivi d’objets géocroiseurs, l’impact aurait libéré une énergie comparable à environ trois tonnes de TNT.

Aucun danger n’a été signalé pour la Terre. Les scientifiques espèrent exploiter cet événement pour affiner leurs modèles de formation de cratères et mieux cerner les risques posés par la prolifération des débris spatiaux. Plus de 46 000 objets, pour un poids cumulé de 17 000 tonnes, sont actuellement recensés en orbite terrestre selon l’Agence spatiale européenne.

Un précédent similaire en 2009

Ce type d’impact contrôlé n’est pas inédit. En octobre 2009, la mission américaine LCROSS avait précipité volontairement un étage Centaur de 2,3 tonnes dans le cratère Cabeus, près du pôle sud lunaire, creusant un cratère d’environ 28 mètres de diamètre pour rechercher des traces de glace d’eau. Dans les années 1970, la Nasa avait également dirigé délibérément plusieurs troisièmes étages de fusées Saturn V vers la Lune, dont les impacts avaient été enregistrés par des sismomètres déposés par les missions Apollo.

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