Plus de 50 parlementaires britanniques, menés par le député libéral-démocrate Tom Gordon, ont adressé une lettre à la ministre de la Culture Lisa Nandy pour réclamer le retrait de la série Masha et Michka des plateformes Netflix et ITVX. Trois députés du parlement ukrainien — Yevheniia Kravchuk, Halyna Vasylchenko et Kira Rudyk — ont également signé ce courrier, selon plusieurs médias britanniques.
Masha et Michka met en scène l’amitié entre une fillette turbulente et un ours protecteur, ancien artiste de cirque, dans une série d’aventures familiales sans lien narratif entre les épisodes. Produite par le studio chypriote Animaccord, elle compte parmi les programmes jeunesse les plus regardés de l’histoire de YouTube, avec plusieurs milliards de vues cumulées à travers le monde.
Une lettre qui suit une acquisition Netflix
La démarche intervient après l’annonce, mi-juin, de l’acquisition par Netflix des droits de deux nouvelles saisons de la série, ainsi que du renouvellement de sa distribution dans plus de 100 pays. Les signataires estiment que l’accès des enfants britanniques au programme via ces plateformes serait “inacceptable”, selon les termes rapportés par la presse.
Des scènes jugées problématiques
Les députés pointent deux épisodes précis. Dans l’un, l’héroïne porte une coiffe évoquant l’uniforme d’un tankiste soviétique ; dans l’autre, elle arbore une casquette rappelant celle des gardes-frontières du NKVD, l’ancien service de sécurité soviétique. Ils accusent la série de “normaliser activement les symboles militaires soviétiques” auprès d’un jeune public. Le Centre ukrainien de lutte contre la désinformation, basé à Kiev, avait déjà averti que le programme véhiculait une image favorable de la Russie à travers ce personnage d’ours bienveillant.
Le régulateur reste en retrait
L’Ofcom, le régulateur britannique des médias, n’a pour l’heure pris aucune mesure d’interdiction, renvoyant la décision de diffusion aux chaînes elles-mêmes. La controverse divise également l’opinion : une partie des parents britanniques juge la réaction disproportionnée face à un programme destiné à de très jeunes enfants.
Cette polémique n’est pas la première du genre. Dès 2018, la presse britannique avait déjà soupçonné la série de véhiculer une image positive de la Russie, sans qu’aucune mesure concrète n’en découle à l’époque. Le régulateur avait en revanche révoqué en mars 2022 la licence de diffusion de la chaîne RT, quelques semaines après le début de l’offensive russe en Ukraine.
