Le décès de détenus à la prison civile de Cotonou suscite une réaction d’Amnesty International Bénin. L’organisation de défense des droits de l’Homme a invité ce lundi 19 octobre les autorités béninoises à faire la lumière sur les circonstances de ces décès.
En effet, elle réclame une enquête « indépendante, impartiale et diligente » afin d’établir les faits et, le cas échéant, d’identifier les responsabilités. Ceci aurait également selon Amnesty International le mérite de rassurer les familles des personnes décédées.
Amnesty International rappelle que l’État a l’obligation de protéger la vie et la dignité de toute personne privée de liberté. L’organisation estime que cette exigence impose une attention particulière aux conditions de détention et à la prise en charge des prisonniers.
Des recommandations pour les prisons béninoises
Dans son communiqué, Amnesty International Bénin rappelle avoir documenté, en 2024, la mort d’au moins 46 détenus dans quatre prisons du pays entre janvier et juillet 2023. Face à ces précédents, l’organisation renouvelle son appel à la mise en œuvre des recommandations contenues dans son Manifeste d’engagements pour les droits humains au Bénin 2026-2033.
Elle propose notamment de réduire la surpopulation carcérale en limitant le recours à la détention provisoire, en accélérant les procédures judiciaires et en développant des alternatives à l’incarcération pour certains délits mineurs.
Ce fut également l’occasion pour Amnesty International de demander un meilleur accès à l’eau potable, le maintien d’un environnement propre et salubre ainsi que la fourniture de soins médicaux adaptés aux personnes détenues. Elle appelle aussi à équiper les unités médicales des prisons et à leur garantir un personnel qualifié. Enfin, l’organisation insiste sur la nécessité d’enquêter systématiquement sur les allégations de torture et de mauvais traitements en milieu carcéral.
