L‘Agence béninoise du Médicament et des autres produits de Santé (ABMed) a émis une alerte sanitaire ordonnant la mise en quarantaine immédiate de l’ensemble des lots du médicament TOCFIM, une suspension orale de Céfixime à 100 mg/5 mL en flacon de 60 mL commercialisée par le laboratoire Acton Pharma Pvt. Ltd. Ceci constitue une mesure de précaution d’urgence dans le secteur de la santé au Bénin.
Cette décision fait suite à un premier retrait ciblé, survenu le 16 juin dernier, qui ne concernait alors qu’un seul lot. En élargissant cette mesure à la totalité des stocks, le directeur général de l’ABMed souhaite garantir la sécurité des patients en menant des investigations complémentaires approfondies sur la qualité du produit. L’autorité sanitaire demande donc instamment à tous les établissements pharmaceutiques et structures de santé du pays de retirer sans délai les flacons des rayons et de les isoler en attendant les conclusions d’expertises.
Le TOCFIM occupe une place importante dans la prise en charge pédiatrique. Formulée sous forme de poudre à reconstituer, cette spécialité à base de céfixime est un antibiotique appartenant à la famille des bêta-lactamines et plus précisément au groupe des céphalosporines de troisième génération. Son mode d’action repose sur la destruction ciblée de la paroi cellulaire des bactéries responsables de l’infection. Principalement prescrit chez l’enfant de plus de six mois, cet antibiotique permet de traiter des affections courantes mais potentiellement sévères telles que les otites moyennes aiguës, les infections bronchiques ou pulmonaires, ainsi que certaines infections urinaires comme les cystites et les pyélonéphrites.
Face à cette alerte, les autorités rappellent l’importance primordiale du bon usage des antibiotiques. Le céfixime étant un médicament de liste I accessible uniquement sur ordonnance, sa posologie doit être rigoureusement calculée par un professionnel de santé en fonction du poids et de la situation clinique de l’enfant. Il demeure totalement inefficace contre les affections d’origine virale comme les grippes ou les rhumes. L’ABMed et les praticiens insistent sur le fait qu’un traitement antibiotique entamé doit toujours être conduit jusqu’à son terme prescrit, car une interruption prématurée augmente le risque d’échec thérapeutique et favorise l’antibiorésistance, un phénomène mondial qui rend les bactéries insensibles aux médicaments. Enfin, une vigilance particulière est recommandée aux parents quant à l’apparition d’éventuels effets secondaires, parmi lesquels figurent fréquemment des troubles digestifs comme des diarrhées, des nausées ou des douleurs abdominales. La survenue de réactions allergiques telles que des éruptions cutanées doit entraîner l’arrêt immédiat du traitement et une consultation médicale urgente. De plus, la prise concomitante d’anti-inflammatoires sans avis médical doit être évitée car elle risque d’aggraver l’infection. En attendant l’issue des investigations menées par l’ABMed, les usagers en possession de ce médicament sont invités à cesser son administration et à consulter leur médecin