Bénin : le 8ᵉ Congrès des experts-comptables de l’UEMOA sous le signe de la transparence

Le 8ème Congrès des experts-comptables de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a officiellement été lancé dans la matinée de ce mercredi 21 octobre 2026 au Palais des Congrès. Ce rendez-vous régional des professionnels de la comptabilité a connu de plus de 350 participants venus de 15 pays. Ces assises se tiennent autour du thème : « L’Expert-Comptable, garant de la transparence et de la souveraineté financière dans l’espace UEMOA ». Le congrès régional coïncide également avec la célébration du 20ᵉ anniversaire de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin (OECCA-Bénin).

À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Medenou, a souligné la contribution des experts-comptables à l’amélioration de la gestion des entreprises publiques béninoises. Selon lui, les sociétés et offices publics ont enregistré un excédent global de 292 milliards de francs CFA à la fin de décembre 2025. Il note que ces résultats sont en opposition à ce qui se faisait par le passé où tout dépendait des subventions de l’État.

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Pour les pouvoirs publics, la qualité de l’information financière constitue un levier de performance. Les missions d’audit, de certification des comptes, de conseil et d’accompagnement des entreprises participent à une meilleure gestion des ressources et à une prise de décision fondée sur des données fiables.

Il fait également remarquer que, l’expertise comptable est sollicitée pour favoriser la mobilisation de l’épargne intérieure, élargir l’assiette fiscale et améliorer l’attractivité du pays auprès des investisseurs. Le ministre a toutefois insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance et l’intégrité des professionnels. « Votre signature est précieuse, votre compétence a de la valeur, mais votre éthique, elle, n’a pas de prix », a-t-il déclaré.

La confiance, un pilier de la souveraineté financière

Pour sa part, le président du Conseil de l’OECCA-Bénin, Serge Mensah, a rappelé que la confiance dans les comptes constitue une condition essentielle au financement des économies. Des états financiers fiables facilitent l’accès aux capitaux, orientent les investissements et permettent aux administrations de mieux apprécier leur situation financière.

Pour lui, cette responsabilité suppose une évolution du rôle des experts-comptables. Au-delà de la certification des états financiers, leur contribution est attendue dans la transformation des entreprises et l’amélioration de la gestion des organisations publiques et privées.

L’intelligence artificielle pose de nouveaux défis

Les nouveaux outils tels que l’intelligence artificielle figurent parmi les sujets importants de ce congrès. Serge Mensah estime notamment que les avancées technologiques ne sauraient remplacer le jugement humain ni la responsabilité attachée à la signature d’un expert-comptable. « Les machines produiront des chiffres plus vite que nous. Mais une machine ne donne pas sa parole, n’engage pas sa signature et ne répond pas de ses actes », a-t-il souligné.

Toujours sur ce volet, le président de la Fédération panafricaine des comptables (PAFA), Walid Ben Salah, a insisté sur l’adaptation des compétences aux évolutions numériques.  Pour lui, ces outils doivent être intégrés au quotidien de l’expert-comptable, mais les exigences déontologiques doivent être également préservées. Les questions de développement durable et les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) figurent aussi parmi les sujets à examiner.

La lutte contre la fraude, la corruption, le blanchiment de capitaux et les flux financiers illicites constitue un autre volet des responsabilités de la profession. Ces pratiques fragilisent la confiance dans les institutions et réduisent les ressources disponibles pour financer les politiques publiques.

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