La deuxième session ordinaire de l’année 2026 à l’Assemblée nationale a été ouverte ce mercredi 21 octobre 2026. Dans son discours inaugural, le président Joseph Djogbénou a abordé plusieurs sujets, dont l’examen du budget, le respect des prérogatives institutionnelles et la reconnaissance des personnalités qui ont marqué le Bénin.
L’examen du budget, priorité de la session
La deuxième session ordinaire de l’année est traditionnellement consacrée à l’examen du budget de l’État. Joseph Djogbénou a appelé les députés à faire preuve de rigueur, de diligence et de responsabilité dans l’étude du document budgétaire.
Les choix qui seront opérés devront répondre aux besoins des populations, soutenir l’activité économique et contribuer à l’amélioration des conditions de vie. Le président de l’Assemblée nationale n’a pas manqué de saluer le travail législatif accompli au cours de la première session de l’année.
Le respect des prérogatives des institutions
Joseph Djogbénou s’est également attardé sur la solidarité institutionnelle, la complémentarité entre les institutions de la République et le respect des compétences de chacune. Il a notamment évoqué les préoccupations liées au respect des prérogatives de l’Assemblée nationale et de ses médias parlementaires dans le cadre des nominations au sein de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) et des médias publics. A cet effet, la première autorité de l’institution a appelé au dialogue, dans le respect des attributions de chaque institution.
Un hommage à l’écrivain Olympe Bhêly-Quenum
Le président de l’Assemblée nationale a rendu hommage à l’écrivain béninois Olympe Bhêly-Quenum, récemment célébré à l’occasion de son centenaire. Il a rappelé la contribution de cet auteur à la littérature, notamment à travers des œuvres comme Un piège sans fin, Le Chant du lac, Un enfant d’Afrique et L’Initié. Joseph Djogbénou a plaidé pour une meilleure reconnaissance des figures nationales de leur vivant. Son hommage a été suivi d’une invitation à observer une minute d’applaudissements en l’honneur de l’écrivain.
Le discours a également accordé une place aux performances de talents béninois. Joseph Djogbénou a cité l’exploit de l’équipe scolaire de football, qui a battu l’Inde sur le score de 27 buts à 0, ainsi que le parcours de la chanteuse Angélique Kidjo.
Discours intégral
Ouverture de la 2ème session ordinaire de l’Assemblée nationale
Contrairement à ses prédécesseurs, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, n’a pas lu un discours écrit sur papier. Il est allé de ses propres inspirations pour s’adresser aux députés, aux présidents des institutions de la République et au peuple béninois. Tout d’abord, il a rendu un vibrant hommage aux présidents du Sénat représenté par son vice-président, Louis Vlavonou, de la Cour suprême, de la Cour des comptes, de la Haute Cour de justice, de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication pour leur travail pour le développement du pays. Ensuite, le président Joseph Djogbénou a salué les mérites des compétences qui font la fierté du Bénin au plan international. A cet effet, il a reconnu les talents de l’écrivain béninois, Olympe Belly Quenum, ayant récemment fêté ses cent ans de vie, les Guépards scolaires du Bénin qui ont écrasé l’Inde par 27 buts à zéro, l’artiste chanteuse, Angélique Kidjo et d’autres. Enfin, il a indiqué que le Parlement béninois jouera pleinement son rôle dans la lutte contre toutes formes de maltraitance. Lire l’intégralité de ses propos.
<< Une session budgétaire placée sous le signe de la solidarité institutionnelle, de la responsabilité parlementaire et de la reconnaissance du mérite
Mesdames et Messieurs,
Conformément aux dispositions constitutionnelles régissant le fonctionnement des institutions de la République, l’Assemblée nationale se réunit pour l’ouverture de sa deuxième session ordinaire de l’année 2026, traditionnellement consacrée à l’examen du budget de l’État.
La séance s’est tenue en présence de 96 députés sur les 109 membres que compte l’institution, permettant de constater que le quorum requis était atteint.
Cette cérémonie solennelle s’inscrit dans le respect des dispositions des articles 85 et 87 de la Constitution, qui encadrent respectivement les conditions de validité des délibérations parlementaires et l’organisation des sessions ordinaires de l’Assemblée nationale.
Je voudrais, avant toute chose, exprimer ma profonde gratitude à l’ensemble des personnalités qui ont bien voulu honorer de leur présence cette cérémonie d’ouverture.
Je salue tout particulièrement le président de la République, dont l’autorisation a permis la présence parmi nous des différentes personnalités conviées. Votre présence constitue un encouragement pour la représentation nationale et témoigne de l’importance du dialogue entre les institutions de notre pays.
La solidarité institutionnelle dont nous faisons preuve les uns envers les autres traduit notre engagement commun au service de la patrie. Elle nous rappelle que, malgré la diversité de nos missions et de nos responsabilités, nous poursuivons un objectif commun : contribuer au développement du Bénin et à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens.
Je voudrais également saluer Son Excellence Monsieur l’ambassadeur du Royaume du Maroc, doyen du corps diplomatique, ainsi que l’ensemble des chefs de mission diplomatique et des représentants des organisations internationales accréditées au Bénin.
Votre présence témoigne de l’intérêt que nos partenaires portent à notre pays. La contribution des partenaires étrangers et des amis du Bénin au renforcement de notre économie, de notre démocratie et de nos institutions est appréciée à sa juste valeur.
À travers vous, je tiens à exprimer notre reconnaissance à tous ceux qui accompagnent le Bénin dans ses efforts de développement et de consolidation de la gouvernance démocratique.
Je voudrais également adresser mes salutations aux représentants des organisations syndicales présents à cette cérémonie.
Votre présence en ces lieux est particulièrement significative. L’Assemblée nationale est la chambre du peuple, l’enceinte où les préoccupations des travailleurs et des citoyens doivent trouver une écoute attentive et où se construisent, par le débat démocratique, des réponses aux défis de notre société.
Nous vous remercions d’avoir répondu à notre invitation. Votre participation rappelle la nécessité de maintenir un dialogue permanent entre les représentants du peuple, les travailleurs et les différentes composantes de la société béninoise.
Je salue par ailleurs les présidents et responsables des institutions de la République, notamment ceux de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême, de la Haute Cour de justice, de la Cour des comptes, de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication, ainsi que du Conseil économique et social.
Votre présence conforte l’esprit de collaboration et de complémentarité qui doit guider l’action publique.
Mesdames et Messieurs,
La contribution de la Cour constitutionnelle à la consolidation de notre ordre juridique demeure capitale. Ses décisions participent à l’interprétation et à la garantie du respect de la Constitution, fondement de notre organisation politique et institutionnelle.
Je vous prie de transmettre aux membres de cette haute juridiction nos salutations respectueuses et l’expression de notre considération.
Je voudrais également saluer Monsieur le président de la Cour suprême. Par ses décisions, cette institution contribue à la clarification du droit, à la cohérence de son application et à l’orientation de notre système juridique. Sa jurisprudence participe ainsi à l’évolution de notre environnement normatif et éclaire, à bien des égards, le travail du législateur.
Madame la présidente de la Haute Cour de justice, votre présence nous réjouit également. Si chacun peut souhaiter ne jamais avoir à comparaître devant votre institution, il demeure rassurant de savoir qu’elle existe et qu’elle veille à l’exercice des responsabilités dans le respect des règles qui fondent notre République.
Madame la présidente de la Cour des comptes, nous partageons avec vous l’ambition d’améliorer la gouvernance publique. Si l’Assemblée nationale intervient dans l’élaboration des règles et le contrôle de l’action gouvernementale, votre institution joue un rôle essentiel dans le contrôle des finances publiques et la promotion d’une gestion rigoureuse des ressources de l’État.
Votre présence nous encourage à poursuivre les efforts nécessaires au renforcement de la transparence et de la responsabilité dans la gestion publique.
Monsieur le président de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication, nous connaissons également le rôle déterminant de votre institution dans la régulation des médias et la garantie d’un environnement médiatique conforme aux textes en vigueur.
Les procédures récemment engagées pour pourvoir différents postes dans les médias publics soulèvent naturellement des préoccupations relatives à la prise en compte des prérogatives de chaque institution, notamment celles de l’Assemblée nationale et de ses médias parlementaires.
Nous demeurons attachés au respect des compétences respectives de nos institutions, dans un esprit de dialogue, de compréhension mutuelle et de responsabilité.
Je salue enfin Monsieur le président du Conseil économique et social. Votre institution, récemment renouvelée, occupe une place importante dans la vie publique, notamment à travers la prise en compte des préoccupations économiques et sociales de nos concitoyens.
Le Sénat, dont l’avènement a ouvert une nouvelle étape dans l’organisation institutionnelle de notre pays, participe également à cette dynamique. Je vous prie de transmettre au président du Sénat nos salutations respectueuses et nos considérations distinguées.
Nos institutions ont des missions différentes, mais complémentaires. C’est dans cette complémentarité, dans le respect des attributions de chacune et dans la recherche permanente de l’intérêt général que nous pouvons renforcer notre démocratie.
Mesdames et Messieurs les députés,
Je suis particulièrement heureux de vous retrouver à l’occasion de cette deuxième session ordinaire de l’année.
Vous revenez de vacances parlementaires qui, je le sais, ont été pour beaucoup d’entre vous des périodes de travail, de réflexion et de proximité avec les populations.
Au cours de la première session ordinaire, nous avons enregistré une production législative importante et une contribution remarquable à la vie de notre pays. Je tiens à vous en remercier.
Je vous encourage à poursuivre cet effort au cours de la présente session, qui revêt une importance particulière en raison de sa vocation budgétaire.
L’examen du budget de l’État constitue, en effet, un moment majeur de la vie parlementaire. Il nous donne l’occasion d’apprécier les orientations économiques et financières du pays, d’examiner les priorités nationales et de veiller à la cohérence entre les ressources disponibles et les ambitions de développement.
Notre responsabilité collective est de faire en sorte que les choix budgétaires répondent aux besoins des populations, soutiennent l’activité économique et contribuent à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens.
J’invite donc chacune et chacun à faire preuve d’assiduité, de rigueur, de compétence et d’esprit de responsabilité dans l’accomplissement de nos missions.
Mesdames et Messieurs,
L’ouverture de cette session est également une heureuse occasion de célébrer le mérite, de saluer l’intelligence et de valoriser les compétences.
Notre pays compte des femmes et des hommes dont les œuvres, les engagements et les parcours ont contribué à son rayonnement. Pourtant, nous n’accordons pas toujours à ces personnalités la reconnaissance qu’elles méritent de leur vivant.
Il importe de corriger cette insuffisance en mettant davantage en lumière celles et ceux qui, par leur talent et leur travail, ont porté haut le nom du Bénin.
Je voudrais, à cet égard, évoquer la figure remarquable de l’écrivain Olympe Bhêly-Quenum, fils de Ouidah, dont l’œuvre littéraire a largement contribué au rayonnement du Dahomey, devenu le Bénin, sur la scène internationale.
Son parcours constitue un témoignage éloquent de la richesse de notre patrimoine intellectuel et culturel.
À travers ses écrits, il a exploré les réalités africaines, les rapports entre l’être humain et la nature, les traditions, les croyances et les interrogations métaphysiques qui traversent l’existence.
Son œuvre majeure, Un piège sans fin, demeure une référence de la littérature africaine. D’autres ouvrages, notamment Le Chant du lac et Un enfant d’Afrique, témoignent également de la profondeur de sa réflexion, de la richesse de son imaginaire et de sa capacité à interroger l’expérience humaine dans ses dimensions individuelles, sociales et culturelles.
Son roman L’Initié mérite également une attention particulière. À travers le personnage du docteur Dingo, l’écrivain met en scène les tensions et les complémentarités entre les connaissances médicales modernes et les pratiques traditionnelles africaines. Il invite ainsi le lecteur à réfléchir à la complexité de l’identité de l’intellectuel africain, partagé entre plusieurs univers de référence.
L’œuvre d’Olympe Bhêly-Quenum révèle ainsi une Afrique qui dialogue avec elle-même et avec le monde, une Afrique consciente de ses traditions, mais également engagée dans les interrogations de la modernité.
Il est important de rappeler que cet écrivain appartient à cette génération de personnalités qui ont contribué à faire connaître notre pays au-delà de ses frontières.
Son parcours nous enseigne que le rayonnement d’une nation ne repose pas uniquement sur ses performances économiques ou politiques. Il repose aussi sur la qualité de sa production intellectuelle, sur la vitalité de sa culture et sur sa capacité à transmettre ses valeurs au reste du monde.
Célébrer un tel homme, c’est rendre hommage à la créativité béninoise et reconnaître la place essentielle de la littérature dans la construction de notre mémoire collective.
C’est également une manière de rappeler que nous devons apprendre à honorer nos grandes figures nationales de leur vivant, au lieu d’attendre leur disparition pour mesurer pleinement la portée de leurs contributions.
Habituellement, nous observons une minute de silence pour rendre hommage à ceux qui nous ont quittés. Mais, lorsqu’il s’agit de saluer le mérite d’une personnalité dont l’œuvre continue d’éclairer notre société, nous pouvons aussi choisir d’exprimer notre reconnaissance par une minute d’applaudissements.
Je voudrais donc inviter l’ensemble des députés et des personnalités présentes à joindre leurs applaudissements à cet hommage à Olympe Bhêly-Quenum, pour son parcours, son œuvre et sa contribution au rayonnement du Bénin.
Mesdames et Messieurs,
La présente session doit être à la hauteur des attentes de notre peuple.
Elle nous appelle à conjuguer nos efforts, à approfondir nos réflexions et à faire preuve de responsabilité dans l’examen des questions qui seront soumises à notre appréciation. Au-delà des divergences légitimes qui peuvent exister au sein de notre assemblée, nous devons toujours garder à l’esprit que notre engagement commun demeure le service de la République et la défense de l’intérêt général.
Je remercie une nouvelle fois le président de la République, les responsables des institutions, les représentants du corps diplomatique, les partenaires du Bénin, les organisations syndicales et toutes les personnalités qui ont honoré cette cérémonie de leur présence.
J’adresse également mes remerciements à l’ensemble des députés pour leur engagement et leur contribution aux travaux parlementaires.
Puisse cette deuxième session ordinaire nous permettre de poursuivre efficacement notre mission législative, de renforcer le dialogue entre les institutions et de contribuer davantage au développement économique, social et démocratique de notre pays.
Sur ces mots, je déclare ouverts les travaux de la deuxième session ordinaire de l’année 2026 de l’Assemblée nationale du Bénin.
Je vous remercie.
