L’Iran réunit l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan autour de la sécurité régionale

L’Iran accueille des responsables de haut niveau d’Arabie saoudite, de Turquie et du Pakistan pour discuter de la sécurité au Moyen-Orient. Téhéran présente cette rencontre comme une occasion d’explorer un mécanisme régional fondé sur les intérêts des pays concernés, dans un contexte de tensions persistantes.

Téhéran veut faire de la coopération régionale un levier de sécurité. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a annoncé lundi la tenue d’une réunion avec le ministre saoudien de la Défense, le chef de l’armée pakistanaise et le responsable des services de renseignement turcs avec pour objectif affiché est d’examiner les moyens de renforcer la sécurité régionale sans dépendre exclusivement de puissances extérieures. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, Baghaei a expliqué que cette initiative avait été proposée pendant la visite à Téhéran du chef d’état-major pakistanais, Asim Munir.

« De notre point de vue, le fait que les pays de la région cherchent à établir, ou du moins à envisager, des mécanismes de sécurité régionaux fondés sur leurs propres intérêts et préoccupations est une évolution positive », a déclaré le porte-parole.

Il a ajouté : « Cette réunion pourrait servir de prélude à de nouvelles mesures visant à façonner une sécurité endogène, une question sur laquelle nous insistons depuis des décennies. Nous avons toujours souligné que la sécurité régionale ne peut être assurée qu’en s’appuyant sur la volonté et les considérations de sécurité des pays de la région. »

Pour rappel, les discussions interviennent alors que les trois pays invités ont renforcé leur coopération militaire. En effet, le 7 août 2026, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé l’Accord de défense commune de La Mecque qui prévoit qu’une attaque armée contre l’un des membres est considérée comme une attaque contre les trois.

La confiance, au cœur des discussions

Pour les autorités iraniennes, les événements récents soulignent la nécessité d’une coopération accrue entre les États de la région. « Les événements récents ont démontré qu’une sécurité durable et fiable dans notre région ne peut être atteinte qu’en instaurant la confiance et la coopération entre les pays de la région », a affirmé Esmaeil Baghaei.

« Une telle réunion ne peut se tenir sans tenir compte des conséquences de l’agression militaire des États-Unis contre l’Iran pour la sécurité de toute la région », a-t-il insisté.

En outre, le secrétaire adjoint du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Bagheri Kani, a également annoncé une rencontre entre les responsables étrangers et le secrétaire de cette instance, le major général Mohsen Rezaei, dans le cadre d’une session conjointe.

Téhéran met aussi en cause Israël

Les tensions avec Israël figurent également parmi les préoccupations exprimées par le porte-parole iranien. Interrogé sur de possibles désaccords entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le chef d’état-major de l’armée israélienne concernant une éventuelle attaque contre l’Iran, Baghaei a assuré que ces divergences ne modifieraient pas la préparation défensive de son pays.

Il a déclaré : « Malgré d’éventuelles divergences tactiques, ce groupe est uni dans son agressivité et son expansionnisme. »

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