Au Mexique, l’amibe Naegleria fowleri a été détectée dans six lacs artificiels de l’État du Yucatán. Dans la foulée, les autorités ont decidé de les fermer, selon le communiqué du Service de santé de l’État (SSY) daté du 15 octobre 2026. Les agents de santé ont analysé l’eau de ces lacs après la mort d’un moniteur de sports nautiques en septembre. Et pour cause, ce décès est le premier enregistré dans cette région du sud-est du pays.
Le secrétaire à la Santé du Yucatán, Alberto Alcocer, a tout fait pour éviter la panique dans une vidéo diffusée le 14 octobre au soir. « Trouver cette amibe dans l’environnement ne signifie pas qu’il existe une épidémie, ni que les personnes qui ont visité ces lieux sont malades », a-t-il déclaré. Il a ainsi rappelé que l’infection se produit quand l’eau contaminée entre par le nez, et il a demandé aux personnes possiblement exposées de consulter rapidement un médecin.
Pour rappel, le cas est parti de Mérida, la capitale de l’État. La victime travaillait au lac artificiel du centre commercial Plaza La Isla. Hospitalisé le 2 septembre, il est mort le 8 septembre d’une méningo-encéphalite amibienne primaire. Par la suite, les autorités ont identifié plus de 300 personnes entrées dans l’eau pendant la période d’exposition. Environ 240 restaient sous surveillance épidémiologique à la mi-septembre.
Une norme conçue pour les piscines au centre de l’enquête
Le gouvernement du Yucatán a ouvert une enquête sur les entreprises chargées de l’entretien et de la qualité de l’eau. En effet, Alberto Alcocer a indiqué que des irrégularités avaient été constatées au lac de Plaza La Isla, selon le quotidien local Por Esto. Elles concernent la norme NOM-245-SSA1-2010, qui fixe les exigences sanitaires des piscines. Elle impose une circulation continue de l’eau et une surveillance des amibes libres dès que la température dépasse 30 degrés. L’entreprise responsable risque une amende.
Pourquoi les cénotes sont moins exposés
Le gouvernement du Yucatán explique que l’amibe prolifère quand l’eau dépasse 35 degrés, avec des sédiments accumulés, des bactéries et une eau qui ne circule pas. Les lacs artificiels réunissent ces conditions, mais, les cénotes, ces puits naturels d’eau douce de la région, sont plus frais, autour de 24 à 26 degrés, et l’eau y circule. Selon les autorités sanitaires, les conditions y sont donc moins favorables pour l’amibe. Il convient de noter que l’amibe ne se transmet pas d’une personne à l’autre et ne s’attrape pas en buvant l’eau.
